Cantique de la Connaissance (2 extraits)
L’enseignement de l’heure ensoleillée des nuits du Divin.
A ceux, qui, ayant demandé, ont reçu et savent déjà.
A ceux que la prière a conduits à la méditation sur l’origine du langage.
Les autres, les voleurs de douleur et de joie, de science et d’amour, n’entendront rien à ces choses.
Pour les entendre, il est nécessaire de connaître les objets désignés par certains mots essentiels
Tels que pain, sel, sang, soleil, terre, eau, lumière, ténèbres, ainsi que par tous les noms de métaux.
Car ces noms ne sont ni les frères, ni les fils, mais bien les pères des objets sensibles.
Avec ces objets et le prince de leur substance, ils ont été précipités du monde immobile des archétypes dans l’abîme de tourmente du temps.
L’esprit seul des choses a un nom. Leur substance est innomée.
Le pouvoir de nommer des objets sensibles absolument impénétrables à l’être spirituel
nous vient de la connaissance des archétypes qui, étant de la nature de notre esprit, sont comme lui situés dans la conscience de l’oeuf solaire.
Tout ce qui se décrit par le moyen des antiques métaphores existe en un lieu situé; de tous les lieux de l’infini le seul situé.
Ces métaphores que le langage aujourd’hui encore nous impose dès que nous interrogeons le mystère de notre esprit, sont des vestiges du langage pur des temps de fidélité et de connaissance.
Les poètes de Dieu voyaient le monde des archétypes et le décrivaient pieusement par le moyen des termes précis et lumineux du langage de la connaissance.
Le déclin de la foi se manifeste dans le monde de la science et de l’art par un obscurcissement du langage.
Les poètes de la nature chantent la beauté imparfaite du monde sensible selon l’ancien mode sacré.
Toutefois, frappés de la discordance secrète entre le mode
d’expression et le sujet,
et impuissants à s’élever jusqu’au lieu seul situé, j’entends
Pathmos, terre de la vision des archétypes,
ils ont imaginé, dans la nuit de leur ignorance, un monde
intermédiaire, flottant et stérile, le monde des symboles…
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗
… L’esprit et le corps luttent quarante ans: c’est là le fameux âge critique dont parle leur pauvre science, la femme stérile.
Le mal a-t-il ouvert une porte dans ton visage? le messager de paix, Melchisedech entrera par cette porte et elle se refermera sur lui et sur son beau manteau de larmes. Mais répète après moi: Pater noster.
Vois-tu, le Père des Anciens, de ceux qui parlaient le langage pur, a joué avec moi comme un père avec son enfant. Nous, nous seuls, qui sommes ses petits enfants nous connaissons ce jeu sacré, cette danse sainte, ce flottement heureux entre la pire obscurité et la meilleure lumière.
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗
Il faut se prosterner plein de doutes, et prier. Je me plaignais de ne le point connaître; une pierre où il était tout entier m’est descendue dans la main et j’ai reçu au même instant la couronne de lumière.
Et regarde-moi! environné d’embûches je ne redoute plus rien.
Des ténèbres de la conception à celles de la mort, un fil de catacombes court entre mes doigts dans la vie obscure.
Et pourtant, qu’étais-je! Un ver de cloaque, aveugle et gras, à queue aiguë, voilà ce que j’étais. Un homme créé par Dieu et révolté contre son créateur.
“Quelles qu’en soient l’excellence et la beauté, aucun avenir n’égalera jamais en perfection le non-être.” Telle était ma certitude unique, telle était ma pensée secrète: une pauvre, pauvre pensée de femme stérile.
Comme tous les poètes de la nature, j’étais plongé dans une profonde ignorance. Car je croyais aimer les belles fleurs, les beaux lointains et même les beaux visages pour leur seule beauté.
J’interrogeais les yeux et le visage des aveugles: comme tous
les courtisans de la sensualité, j’étais menacé de cécité physique. Ceci est encore un enseignement de l’heure ensoleillée des nuits du Divin.
Jusqu’au jour où, m’apercevant que j’étais arrêté devant un miroir, je regardai derrière moi. La source des lumières et des formes était là, le monde des profonds, sages, chastes archétypes.
Alors cette femme qui était en moi mourut. Je lui donnai pour tombeau tout son royaume, la nature. Je l’ensevelis au plus secret du jardin décevant, là où le regard de la lune, de la prometteuse éternelle se divise dans le feuillage et descend sur les endormies par les mille degrés de la suavité.
C’est ainsi que j’appris que le corps de l’homme renferme dans ses profondeurs un remède à tous les maux et que la connaissance de l’or est aussi celle de la lumière et du sang.
O Unique! ne m’ôte pas le souvenir de ces souffrances, le jour où tu me laveras de mon mal et aussi de mon bien et me feras habiller de soleil par les tiens, par les souriants. Amen
A ceux, qui, ayant demandé, ont reçu et savent déjà.
A ceux que la prière a conduits à la méditation sur l’origine du langage.
Les autres, les voleurs de douleur et de joie, de science et d’amour, n’entendront rien à ces choses.
Pour les entendre, il est nécessaire de connaître les objets désignés par certains mots essentiels
Tels que pain, sel, sang, soleil, terre, eau, lumière, ténèbres, ainsi que par tous les noms de métaux.
Car ces noms ne sont ni les frères, ni les fils, mais bien les pères des objets sensibles.
Avec ces objets et le prince de leur substance, ils ont été précipités du monde immobile des archétypes dans l’abîme de tourmente du temps.
L’esprit seul des choses a un nom. Leur substance est innomée.
Le pouvoir de nommer des objets sensibles absolument impénétrables à l’être spirituel
nous vient de la connaissance des archétypes qui, étant de la nature de notre esprit, sont comme lui situés dans la conscience de l’oeuf solaire.
Tout ce qui se décrit par le moyen des antiques métaphores existe en un lieu situé; de tous les lieux de l’infini le seul situé.
Ces métaphores que le langage aujourd’hui encore nous impose dès que nous interrogeons le mystère de notre esprit, sont des vestiges du langage pur des temps de fidélité et de connaissance.
Les poètes de Dieu voyaient le monde des archétypes et le décrivaient pieusement par le moyen des termes précis et lumineux du langage de la connaissance.
Le déclin de la foi se manifeste dans le monde de la science et de l’art par un obscurcissement du langage.
Les poètes de la nature chantent la beauté imparfaite du monde sensible selon l’ancien mode sacré.
Toutefois, frappés de la discordance secrète entre le mode
d’expression et le sujet,
et impuissants à s’élever jusqu’au lieu seul situé, j’entends
Pathmos, terre de la vision des archétypes,
ils ont imaginé, dans la nuit de leur ignorance, un monde
intermédiaire, flottant et stérile, le monde des symboles…
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗
… L’esprit et le corps luttent quarante ans: c’est là le fameux âge critique dont parle leur pauvre science, la femme stérile.
Le mal a-t-il ouvert une porte dans ton visage? le messager de paix, Melchisedech entrera par cette porte et elle se refermera sur lui et sur son beau manteau de larmes. Mais répète après moi: Pater noster.
Vois-tu, le Père des Anciens, de ceux qui parlaient le langage pur, a joué avec moi comme un père avec son enfant. Nous, nous seuls, qui sommes ses petits enfants nous connaissons ce jeu sacré, cette danse sainte, ce flottement heureux entre la pire obscurité et la meilleure lumière.
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗
Il faut se prosterner plein de doutes, et prier. Je me plaignais de ne le point connaître; une pierre où il était tout entier m’est descendue dans la main et j’ai reçu au même instant la couronne de lumière.
Et regarde-moi! environné d’embûches je ne redoute plus rien.
Des ténèbres de la conception à celles de la mort, un fil de catacombes court entre mes doigts dans la vie obscure.
Et pourtant, qu’étais-je! Un ver de cloaque, aveugle et gras, à queue aiguë, voilà ce que j’étais. Un homme créé par Dieu et révolté contre son créateur.
“Quelles qu’en soient l’excellence et la beauté, aucun avenir n’égalera jamais en perfection le non-être.” Telle était ma certitude unique, telle était ma pensée secrète: une pauvre, pauvre pensée de femme stérile.
Comme tous les poètes de la nature, j’étais plongé dans une profonde ignorance. Car je croyais aimer les belles fleurs, les beaux lointains et même les beaux visages pour leur seule beauté.
J’interrogeais les yeux et le visage des aveugles: comme tous
les courtisans de la sensualité, j’étais menacé de cécité physique. Ceci est encore un enseignement de l’heure ensoleillée des nuits du Divin.
Jusqu’au jour où, m’apercevant que j’étais arrêté devant un miroir, je regardai derrière moi. La source des lumières et des formes était là, le monde des profonds, sages, chastes archétypes.
Alors cette femme qui était en moi mourut. Je lui donnai pour tombeau tout son royaume, la nature. Je l’ensevelis au plus secret du jardin décevant, là où le regard de la lune, de la prometteuse éternelle se divise dans le feuillage et descend sur les endormies par les mille degrés de la suavité.
C’est ainsi que j’appris que le corps de l’homme renferme dans ses profondeurs un remède à tous les maux et que la connaissance de l’or est aussi celle de la lumière et du sang.
O Unique! ne m’ôte pas le souvenir de ces souffrances, le jour où tu me laveras de mon mal et aussi de mon bien et me feras habiller de soleil par les tiens, par les souriants. Amen
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