Hymne de l’éternité

Tourmenté d’Apollon, qui m’a l’ame eschaufée,
Je veux, plein de fureur, suivant les pas d’Orfée,
Rechercher les secrets de Nature et des Cieux,
Ouvrage d’un esprit qui n’est point ocieux.
Je veux, s’il m’est possible, attaindre à la louange
De celle qui jamais par les ans ne se change,
Mais bien qui fait changer les siecles et les temps,
Les mois et les saisons et les jours inconstans,
Sans jamais se muer, pour n’estre point sujette,
Comme Royne et maistresse, à la loy qu’elle a faite.
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