Je suis plus aise en mon cœur que les Dieux
Je suis plus aise en mon cœur que les Dieux,
Quand chaudement tu me baises, Maistresse :
De ton baiser la douceur larronnesse
Tout esperdu m’en-vole jusqu’aux Cieux.
Baise moy donc, mon cœur, car j’aime mieux
Ton seul baiser, que si quelque Deesse
Au jeu d’amour d’une accollade espesse
M’embrassoit nud d’un bras delicieux.
Mais ton orgueil a tousjours de coustume
D’accompagner ton baiser d’amertume,
Froid, sans saveur ; aussi je ne pourrois
Souffrir tant d’heur, car mon ame qui touche
Mille beautez, s’enfuiroit par ma bouche,
Et de trop d’aise en ton sein je mourrois.
Quand chaudement tu me baises, Maistresse :
De ton baiser la douceur larronnesse
Tout esperdu m’en-vole jusqu’aux Cieux.
Baise moy donc, mon cœur, car j’aime mieux
Ton seul baiser, que si quelque Deesse
Au jeu d’amour d’une accollade espesse
M’embrassoit nud d’un bras delicieux.
Mais ton orgueil a tousjours de coustume
D’accompagner ton baiser d’amertume,
Froid, sans saveur ; aussi je ne pourrois
Souffrir tant d’heur, car mon ame qui touche
Mille beautez, s’enfuiroit par ma bouche,
Et de trop d’aise en ton sein je mourrois.
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