Livre du soir respirait cette odeur d’étoffe
Qui a longtemps vécu sur un corps bien-aimé
Les fourrés enrobés d’un brouillard de bourgeons
Priaient vers l’élégance étonnante d’un arbre
Beau comme un visage disputé par le ciel
J’écoutais dans mon corps les sourires de Dieu
L’arrêt dans les terriers des bêtes frissonnantes
Et le Verbe naissait d’une grace terrestre
Entre des maisons misérables de banlieue
Des histoires d’humains vaguement racontées
Par des têtes et des lampes un instant rapprochées
Les lueurs d’un caillou paraissaient préférables
A mon cœur déchiré d’un printemps d’éternel
A qui Dieu consentait toujours sa liberté.

CORIANDRES, 1954.
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