La complainte de Rutebeuf
[…]
Que sont devenus mes amis
qui m’étaient si intimes
et si chers ?
Je crois qu’ils sont bien rares :
faute de les avoir entretenus,
je les ai perdus.
Ces amis m’ont maltraité
car jamais, tant que Dieu m’a assailli
de tous côtés,
je n’en vis un seul chez moi.
Je crois que le vent les a dispersés,
l’amitié est morte :
ce sont amis que vent emporte
et il ventait devant ma porte ;
aussi furent-ils emportés
si bien que jamais personne ne me consola
ni ne m’apporta un peu de son bien.
Voici la leçon que j’en tire :
le peu qu’on a, un ami le prend,
tandis qu’on se repent trop tard
d’avoir dissipé
sa fortune pour se faire des amis,
car on ne les trouve pas décidés à vous aider
en tout ou en partie.
[…]
Que sont devenus mes amis
qui m’étaient si intimes
et si chers ?
Je crois qu’ils sont bien rares :
faute de les avoir entretenus,
je les ai perdus.
Ces amis m’ont maltraité
car jamais, tant que Dieu m’a assailli
de tous côtés,
je n’en vis un seul chez moi.
Je crois que le vent les a dispersés,
l’amitié est morte :
ce sont amis que vent emporte
et il ventait devant ma porte ;
aussi furent-ils emportés
si bien que jamais personne ne me consola
ni ne m’apporta un peu de son bien.
Voici la leçon que j’en tire :
le peu qu’on a, un ami le prend,
tandis qu’on se repent trop tard
d’avoir dissipé
sa fortune pour se faire des amis,
car on ne les trouve pas décidés à vous aider
en tout ou en partie.
[…]
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