Sur trois grandes saisons...

Sur trois grandes saisons m’établissant
avec honneur, j’augure bien du sol où j’ai
fondé ma loi.
Les armes au matin sont belles et la
mer. À nos chevaux livrée la terre sans
amandes
nous vaut ce ciel incorruptible. Et le
soleil n’est point nommé, mais sa puissance
est parmi nous
et la mer au matin comme une présomption
de l’esprit.
Puissance, tu chantais sur nos routes
nocturnes!... Aux ides pures du matin que
savons-nous du songe, notre ainesse ?
Pour une année encore parmi vous !
Maitre du grain, maitre du sel, et la chose
publique sur de justes balances!
Je ne hélerai point les gens d’une autre
rive. Je ne tracerai point de grands
quartiers de villes sur les pentes avec le
sucre des coraux. Mais j’ai dessein de vivre
parmi vous.
Au seuil des tentes toute gloire! ma
force parmi vous! et l’idée pure comme un
sel tient ses assises dans le jour.

CUVRE POÉTIQUE, I, Anabase, I.
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