Mille baisers perdus…
Mille baisers perdus, mille et mille faveurs
Sont autant de bourreaux de ma triste pensée,
Rien ne la rend malade et ne l’a offensée
Que le sucre, le ris, le miel et les douceurs.
Mon cœur est donc contraire à tous les autres cœurs,
Mon penser est bizarre et mon âme insensée
Qui fait présente encor une chose passée,
Crevant de désespoir le fiel de mes douleurs.
Rien n’est le destructeur de ma pauvre espérance
Que le passé présent, ô dure souvenance,
Qui me fait de moi-même ennemi devenir !
Vivez, amants heureux, d’une douce mémoire,
Faites, ma douce mort, que tôt je puisse boire
En l’oubli dont j’ai soif, et non du souvenir.
Sont autant de bourreaux de ma triste pensée,
Rien ne la rend malade et ne l’a offensée
Que le sucre, le ris, le miel et les douceurs.
Mon cœur est donc contraire à tous les autres cœurs,
Mon penser est bizarre et mon âme insensée
Qui fait présente encor une chose passée,
Crevant de désespoir le fiel de mes douleurs.
Rien n’est le destructeur de ma pauvre espérance
Que le passé présent, ô dure souvenance,
Qui me fait de moi-même ennemi devenir !
Vivez, amants heureux, d’une douce mémoire,
Faites, ma douce mort, que tôt je puisse boire
En l’oubli dont j’ai soif, et non du souvenir.
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