Mère taillée à coups de hache
Mère taillée à coups de hache,
Tout cœur de chêne dur et bon ;
Sous l’or de ta robe se cache
L’âme en pièce d’un franc-Breton
*
— Vieille verte à face usée
Comme la pierre du torrent,
Par des larmes d’amour creusée,
Séchée avec des pleurs de sang…
*
— O toi qui recouvrais la cendre,
Qui filais comme on fait chez nous,
Quand le soir venait à descendre,
Tenant l’ENFANT sur tes genoux ;
*
Toi qui fus là, seule pour faire
Son maillot neuf à Bethléem,
Et là, pour coudre son suaire
Douloureux, à Jérusalem !…
*
Des croix profondes sont tes rides,
Tes cheveux sont blancs comme fils…
— Préserve des regards arides
Le berceau de nos petits-fils !
*
Fais venir et conserve en joie
Ceux à naître et ceux qui sont nés.
Et verse, sans que Dieu te voie,
L’eau de tes yeux sur les damnés !
*
Reprends dans leur chemise blanche
Les petits qui sont en langueur…
Rappelle à l’éternel Dimanche
Les vieux qui traînent en longueur.
*
— Dragon-gardien de la Vierge,
Garde la crèche sous ton ail.
Que, près de toi, Joseph-concierge
Garde la propreté du seuil !
*
Prends pitié de la fille-mère,
Du petit au bord du chemin…
Si quelqu’un leur jette la pierre,
Que la pierre se change en pain !
*
— Dame bonne en mer et sur terre,
Montre-nous le ciel et le port,
Dans la tempête ou dans la guerre…
O Fanal de la bonne mort !
*
Humble : à tes pieds n’a point d’étoile,
Humble… et brave four protéger !
Dans la nue apparaît ton voile,
Pâle auréole du danger.
*
— Aux perdus dont la vie est grise,
(— Sauf respect – perdus de boisson)
Montre le clocher de l’église
Et le chemin de la maison.
*
Prête ta douce et chaste flamme
Aux chrétiens qui sont ici…
Ton remède de bonne femme
Pour les bêtes-à-corne aussi !
*
Montre à nos femmes et servantes
L’ouvrage et la fécondité…
— Le bonjour aux âmes parentes
Qui sont bien dans l’éternité !
*
Nous mettrons un cordon de cire,
De cire-vierge jaune, autour
De ta chapelle ; et ferons dire
Ta messe basse au point du jour.
*
— Préserve notre cheminée
Des sorts et du monde malin…
À Pâques te sera donnée
Une quenouille avec du lin.
*
Si nos corps sont puants sur terre,
Ta grâce est un bain de santé ;
Répands sur nous, au cimetière,
Ta bonne odeur-de-sainteté.
*
— À l’an prochain ! — Voici ton cierge :
(C’est deux livres qu’il a coûté)
… Respects à Madame la Vierge,
Sans oublier la Trinité.
Tout cœur de chêne dur et bon ;
Sous l’or de ta robe se cache
L’âme en pièce d’un franc-Breton
*
— Vieille verte à face usée
Comme la pierre du torrent,
Par des larmes d’amour creusée,
Séchée avec des pleurs de sang…
*
— O toi qui recouvrais la cendre,
Qui filais comme on fait chez nous,
Quand le soir venait à descendre,
Tenant l’ENFANT sur tes genoux ;
*
Toi qui fus là, seule pour faire
Son maillot neuf à Bethléem,
Et là, pour coudre son suaire
Douloureux, à Jérusalem !…
*
Des croix profondes sont tes rides,
Tes cheveux sont blancs comme fils…
— Préserve des regards arides
Le berceau de nos petits-fils !
*
Fais venir et conserve en joie
Ceux à naître et ceux qui sont nés.
Et verse, sans que Dieu te voie,
L’eau de tes yeux sur les damnés !
*
Reprends dans leur chemise blanche
Les petits qui sont en langueur…
Rappelle à l’éternel Dimanche
Les vieux qui traînent en longueur.
*
— Dragon-gardien de la Vierge,
Garde la crèche sous ton ail.
Que, près de toi, Joseph-concierge
Garde la propreté du seuil !
*
Prends pitié de la fille-mère,
Du petit au bord du chemin…
Si quelqu’un leur jette la pierre,
Que la pierre se change en pain !
*
— Dame bonne en mer et sur terre,
Montre-nous le ciel et le port,
Dans la tempête ou dans la guerre…
O Fanal de la bonne mort !
*
Humble : à tes pieds n’a point d’étoile,
Humble… et brave four protéger !
Dans la nue apparaît ton voile,
Pâle auréole du danger.
*
— Aux perdus dont la vie est grise,
(— Sauf respect – perdus de boisson)
Montre le clocher de l’église
Et le chemin de la maison.
*
Prête ta douce et chaste flamme
Aux chrétiens qui sont ici…
Ton remède de bonne femme
Pour les bêtes-à-corne aussi !
*
Montre à nos femmes et servantes
L’ouvrage et la fécondité…
— Le bonjour aux âmes parentes
Qui sont bien dans l’éternité !
*
Nous mettrons un cordon de cire,
De cire-vierge jaune, autour
De ta chapelle ; et ferons dire
Ta messe basse au point du jour.
*
— Préserve notre cheminée
Des sorts et du monde malin…
À Pâques te sera donnée
Une quenouille avec du lin.
*
Si nos corps sont puants sur terre,
Ta grâce est un bain de santé ;
Répands sur nous, au cimetière,
Ta bonne odeur-de-sainteté.
*
— À l’an prochain ! — Voici ton cierge :
(C’est deux livres qu’il a coûté)
… Respects à Madame la Vierge,
Sans oublier la Trinité.
Commentaires (0)
Se connecter
pour publier un commentaire.
Pas encore de commentaires. Soyez le premier à commenter.