Nos désirs sont d’amour la dévorante braise,
Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs,
Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs,
Nos souspirs ses souffletz, et nos sens sa fournaize.

De courroux, ses marteaux, il tourmente nostre aize
Et sur la dureté, il rabbat nos malheurs,
Elle luy sert d’enclume et d’estoffe nos cœurs
Qu’au feu trop violent, de nos pleurs il appaise,

Afin que l’appaisant et mouillant peu à peu
Il brusle d’avantage et rengrege son feu.
Mais l’abondance d’eau peut amortir la flamme.

Je tromperay l’enfant, car pensant m’embraser,
Tant de pleurs sortiront sur le feu qui m’enflame
Qu’il noyera sa fournaise au lieu de l’arroser.
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