À toi, de qui la destinée
Avec la mienne est enchaînée
Par des liens qu’aucun effort
Ne peut rompre excepté la mort,
Je ne puis, d’un petit voyage,
En guise de pèlerinage,
Te faire un gracieux récit :
Je suis en ces lieux tout est dit.
De tes Parents la Kyrielle,
Cette aimable et longue séquelle,
S’est assemblée autour de moi,
Et chacun m’a parlé de toi ;
J’ai revu ce précieux gage
De notre amour ; et ton image
N’est pas mieux tracée au miroir,
Que dans ces traits charmants à voir.
Je mérite que l’on me croie,
Lorsque je dirai qu’avec joie
Dans mes bras j’ai su le presser,
Pensant toi-même t’embrasser.
Cependant pour moi la campagne
N’est pas un pays de cocagne ;
Quoique l’on dise que les jours
À présent sont devenus courts,
Ils paraissent, pour me déplaire,
Beaucoup plus longs qu’à l’ordinaire ;
Puisque je suis loin de Paris,
Et de tout ce que je chéris ;
Mais surtout d’un époux que j’aime
Cent mille fois plus que moi-même.
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