Au camarade staline
Ici, camarade Staline, les choses
Ont mal. Tu verrais un arbre ici,
Ou une chaise ou la table de bois bien plein
Qui porte ce papier qui est pour toi,
Tu verrais un verre, une armoire ou la clef,
Tu les verrais tous, comme ils ont mal,
Car il suffit de regarder
Pour voir que la souffrance
Est dans toutes les choses.
Tu verrais, tu le verrais bien mieux que nous,
Car tu le sais tellement mieux que nous,
Combien tout cela peut étre autrement.
Tu verrais le poids qui est sur les choses,
Tu verrais que le malaise est entré partout.
C’est une espèce
De pourriture de l’air qui a trouvé
A fouiller dans le moindre objet.
C’est parce que les hommes, tu les verrais,
Comme ils ont mal.
Tu les verrais partir, le matin, fatigués déja,
Et le soir, camarade Staline, le soir
Qui tarde tant — et le dimanche,
Qui n’est pas encore pour cette fois-ci.
Il y a un creux, il y a un terrible creux.
Et les gestes sont dérisoires devant ce creux
Dérisoires pour ceux
Qui ne savent pas encore, pour ceux
Qui croient que toujours ce sera pareil,
Pour ceux qui ne savent pas
Que c’est l’exploitation qui creuse leurs minutes,
Qui pourrit l’air de leurs dimanches
Et met ce mauvais grain dans ce qu’ils voient.
Pour ceux qui ne savent pas
Que l’armoire, la table et le cheval de trait,
Pour prendre des exemples,
Ont ailleurs une autre façon
De se tenir dans l’air, de recevoir sur eux
L’ombre et la lumière.
Parce que tout est changé
Quand le poids, on le refuse,
Quand la pourriture, elle n’y est plus,
Quand le peuple a le pouvoir entre ses mains,
Quand il fait pour lui ce qu’il veut faire,
Et il sait le faire.
Pour gagner, nous avons
Ton œuvre et ton exemple.
ENVIE DE VIVRE. 1951.
Ont mal. Tu verrais un arbre ici,
Ou une chaise ou la table de bois bien plein
Qui porte ce papier qui est pour toi,
Tu verrais un verre, une armoire ou la clef,
Tu les verrais tous, comme ils ont mal,
Car il suffit de regarder
Pour voir que la souffrance
Est dans toutes les choses.
Tu verrais, tu le verrais bien mieux que nous,
Car tu le sais tellement mieux que nous,
Combien tout cela peut étre autrement.
Tu verrais le poids qui est sur les choses,
Tu verrais que le malaise est entré partout.
C’est une espèce
De pourriture de l’air qui a trouvé
A fouiller dans le moindre objet.
C’est parce que les hommes, tu les verrais,
Comme ils ont mal.
Tu les verrais partir, le matin, fatigués déja,
Et le soir, camarade Staline, le soir
Qui tarde tant — et le dimanche,
Qui n’est pas encore pour cette fois-ci.
Il y a un creux, il y a un terrible creux.
Et les gestes sont dérisoires devant ce creux
Dérisoires pour ceux
Qui ne savent pas encore, pour ceux
Qui croient que toujours ce sera pareil,
Pour ceux qui ne savent pas
Que c’est l’exploitation qui creuse leurs minutes,
Qui pourrit l’air de leurs dimanches
Et met ce mauvais grain dans ce qu’ils voient.
Pour ceux qui ne savent pas
Que l’armoire, la table et le cheval de trait,
Pour prendre des exemples,
Ont ailleurs une autre façon
De se tenir dans l’air, de recevoir sur eux
L’ombre et la lumière.
Parce que tout est changé
Quand le poids, on le refuse,
Quand la pourriture, elle n’y est plus,
Quand le peuple a le pouvoir entre ses mains,
Quand il fait pour lui ce qu’il veut faire,
Et il sait le faire.
Pour gagner, nous avons
Ton œuvre et ton exemple.
ENVIE DE VIVRE. 1951.
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