Sus debout la merveille des belles,
Allons voir sur les herbes nouvelles
Luire un esmail dont la vive peinture
Deffend à l’art d’imiter la nature.

L’air est plein d’une haleine de roses,
Tous les vents tiennent leurs bouches closes,
Et le Soleil semble sortir de l’onde
Pour quelque amour plus que pour luire au monde.

On diroit, à luy voir sur la teste
Ses rayons comme un chapeau de feste,
Qu’il s’en va suivre en si belle journée
Encore un coup la fille de Pénée.
. . . . . .

Il fait chaud, mais un fueillage sombre
Loin du bruit nous fournira quelque ombre,
Où nous ferons, parmy les violettes,
Mespris de l’ambre et de ses cassolettes.

Près de nous, sur les branches voisines
Des genets, des houx et des espines,
Le rossignol, desployant ses merveilles,
Jusqu’aux rochers donnera des oreilles.

Et peut-être, à travers des fougeres,
Verrons-nous de bergers à bergeres,
Sein contre sein et bouche contre bouche,
Naistre et finir quelque douce escarmouche.
. . . . . .
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