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L'Orne comme autre-fois nous reverroit encore,
Ravis de ces pensers que le vulgaire ignore,
Égarer à l’écart nos pas et nos discours ;
Et, couchez sur les fleurs comme estoilles semées,
Rendre en si doux ébat les heures consumées
Que les soleils nous seroient cours.

Mais, ô loy rigoureuse à la race des hommes !
C'est un point arresté, que tout ce que nous sommes,
Yssus de peres roys et de peres bergers
La Parque également sous la tombe nous serre ;
Et les mieux établis au repos de la terre
N’y sont qu’hostes et passagers.

Tout ce que la grandeur a de vains équipages,
D'habillements de pourpre et de suitte de pages,
Quand le terme est écheu, n’alonge point nos jours ;
Il faut aller tout nus où le destin commande ;
Et de toutes douleurs la douleur la plus grande,
C’est qu’il faut laisser nos amours.
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