Portrait des Meidosems (extraits)

L’horloge qui bat les passions dans l’âme des Meidosems s’éveille. Son temps s’accélère. Le monde alentour se hâte, se précipite, allant vers un destin soudain marqué.
Le couteau qui travaille par spasmes attaque, et le bâton qui baratte le fond s’agite violemment.
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Ils prennent la forme de bulles pour rêver, ils prennent la forme de lianes pour s’émouvoir.
Appuyée contre un mur, un mur du reste que personne ne reverra jamais, une forme faite d’une corde longue est là. Elle s’enlace.
C’est tout. C’est une Meidosemme.
Et elle attend, légèrement affaissée, mais bien moins que n’importe quel cordage de sa dimension appuyé sur lui-même.
Elle attend.
Journées, années, venez maintenant. Elle attend.
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Sur ses longues jambes fines et incurvées, grande, gracieuse Meidosemme.
Rêve de courses victorieuses, âme à regrets et projets, âme pour tout dire.
Et elle s’élance, éperdue, dans un espace qui la boit sans s’y intéresser.
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Une gale d’étincelles démange un crâne douloureux. C’est un Meidosem. C’est une peine qui court. C’est une fuite qui roule. C’est l’estropié de l’air qui s’agite, éperdu. Ne va-t-on pas pouvoir l’aider?
Des coulées d’affection, d’infection, des coulées de l’arrière-ban des souffrances, caramel amer d’autrefois, stalagmites lentement formées, c’est avec ces coulées-lè qu’il marche, avec elles qu’il appréhende, membres spongieux venus de la tête, percés de mille petites coulées transversales, d’un sang extravasé, crevant les artérioles, mais ce n’est pas du sang, c’est le sang des souvenirs, du percement de l’âme, de la fragile chambre centrale, luttant dans l’étoupe, c’est l’eau rougie de la vaine mémoire, coulant sans dessein, mais non sans raison en ses boyaux petits qui partout fuient; infime et multiple crevaison.
Un Meidosem éclate. Mille veinules de sa foi en lui éclatent. Il tombe et retombe en de nouvelles pénombres, en de nouveaux étangs.
Qu’il est difficile de marcher ainsi…
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Il se mue en cascades, en fissures, en feu. C’est être Meidosem que de se muer ainsi en moires changeantes.
Au moins, ce ne sont pas des plaies. Et va le Meidosem. Plutôt reflets et jeux du soleil et de l’ombre que souffrir, que méditer. Plutôt cascades.
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Ici est la ville des murs. Mais les toits? Pas de toits. Mais les maisons? Pas de maisons. Ici est la ville des murs. Plans en mains, vous voyez constamment des Meidosems chercher à en sortir. Mais jamais il n’en sortent.
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A cause des naissances (et les morts momifiés occupent une place toujours plus grande entre les murs) à cause des naissances, toujours plus de gens. Il faut construire de nouveaux murs entre les murs déjà existants.
Il y a de longs entretiens meidosems dans les murs, sur Cela qui serait sans murs, sans limites, sans fin et même sans un commencement.
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Des ailes sans têtes, sans oiseaux, des ailes pures de tout corps volent vers un ciel solaire, pas encore resplendissant, mais qui lutte fort pour le resplendissement, trouant son chemin dans l’empyrée comme un obus de future félicité.
Ce que ces Meidosems ont tant désiré, enfin ils y sont arrivés. Les voilà.
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