De toute amoureuse poursuite
Quelque plaisir l’on peut tirer :
Mais ce plaisir traine à sa suite
Un penser pour nous martyrer.
Qui a ce bien de voir sa dame
Son œil y prent un doux repas :
Le baiser peut rappeler l’ame
De l’amant prochain du trespas.
Le devis l’esprit reconforte,
Tant peut un gracieus propos :
Le seul penser jamais n’apporte
Aux amoureus aucun repos.
Toujours de sa griffe pointuë
Il me serre, et me pince fort :
Toujours de mille morts me tuë,
Et je renais après ma mort.
O penser, qui si fort me grefves,
Et de souci mon ame pais :
Donne moy au moins quelques trefves,
Si tu ne veus aucunes pais.
Fils d’Amour, esbranle tes ailes,
Va penser, va pour moy parler
A la plus belle des plus belles,
Puisque mon pied n’y peut aller.
Bien propre à tel message faire,
Quand là tu seras arrivé,
Di luy, fidèle secretaire,
Tout mon secret le plus privé.
Je te supplie en recompense
De ce mal dont tu me poursuis
De faire en sorte qu’elle pense
A quelques uns de mes ennuis.
Remonstre luy la peine dure,
L’angoisse amere, et le tourment
Qu’un miserable amant endure
Loing de son cœur si longuement.
Si tost que mon visage blesme
Recouvrera sa guérison,
Di qu’après toi j’yrai moy-mesme
Chercher mon cœur en sa prison.
Quelque plaisir l’on peut tirer :
Mais ce plaisir traine à sa suite
Un penser pour nous martyrer.
Qui a ce bien de voir sa dame
Son œil y prent un doux repas :
Le baiser peut rappeler l’ame
De l’amant prochain du trespas.
Le devis l’esprit reconforte,
Tant peut un gracieus propos :
Le seul penser jamais n’apporte
Aux amoureus aucun repos.
Toujours de sa griffe pointuë
Il me serre, et me pince fort :
Toujours de mille morts me tuë,
Et je renais après ma mort.
O penser, qui si fort me grefves,
Et de souci mon ame pais :
Donne moy au moins quelques trefves,
Si tu ne veus aucunes pais.
Fils d’Amour, esbranle tes ailes,
Va penser, va pour moy parler
A la plus belle des plus belles,
Puisque mon pied n’y peut aller.
Bien propre à tel message faire,
Quand là tu seras arrivé,
Di luy, fidèle secretaire,
Tout mon secret le plus privé.
Je te supplie en recompense
De ce mal dont tu me poursuis
De faire en sorte qu’elle pense
A quelques uns de mes ennuis.
Remonstre luy la peine dure,
L’angoisse amere, et le tourment
Qu’un miserable amant endure
Loing de son cœur si longuement.
Si tost que mon visage blesme
Recouvrera sa guérison,
Di qu’après toi j’yrai moy-mesme
Chercher mon cœur en sa prison.
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