Ode tirée du Cantique d’Ézéchias pour une personne convalescente

J’ai vu mes tristes journées
Décliner vers leur penchant ;
Au midi de mes années
Je touchais à mon couchant :
La Mort, déployant ses ailes,
Couvrait d’ombres éternelles
La clarté dont je jouis ;
Et, dans cette nuit funeste,
Je cherchais en vain le reste
De mes jours évanouis.

Grand Dieu, votre main réclame
Les dons que j’en ai reçus ;
Elle vient couper la trame
Des jours qu’elle m’a tissus :
Mon dernier soleil se lève
Et votre souffle m’enlève
De la terre des vivants,
Comme la feuille séchée,
Qui, de sa tige arrachée,
Devient le jouet des vents…

Ainsi, de cris et d’alarmes,
Mon mal semblait se nourrir ;
Et mes yeux, noyés de larmes,
Étaient lassés de s’ouvrir.
Je disais à la nuit sombre :
Ô nuit, tu vas dans ton ombre
M’ensevelir pour toujours !
Je redisais à l’aurore :
Le jour que tu fais éclore
Est le dernier de mes jours !
Partager

Commentaires (0)

Se connecter pour publier un commentaire.

Pas encore de commentaires. Soyez le premier à commenter.