De l’hyver la triste froydure
Va sa rigueur adoucissant,
Et des eaux l’ecorce tant dure
Au doulx zephire amolissant.
Les oyzeaux par les boys
Ouvrent à cete foys
Leurs gosiers etreciz,
Et plus soubz durs glassons
Ne sentent les poissons
Leurs manoirs racourciz.

La froide humeur des montz chenuz
Enfle deja le cours des fleuves,
Deja les cheveux sont venuz
Aux forestz si longuement veufves.
La terre au ciel riant
Va son teint variant
De mainte couleur vive :
Le ciel (pour luy complaire)
Orne sa face claire
De grand’ beauté nayve.

Venus ose ja sur la brune
Mener danses gayes et cointes
Aux pasles rayons de la lune,
Ses Grâces aux Nymphes bien jointes.
Maint Satyre outraigeux,
Par les boys umbraigeux,
Ou du haut d’un rocher,
(Quoy que tout brusle et arde)
Etonné les regarde,
Et n’en ose approcher.
. . . . . .
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