Le fort sommeil, que celeste on doibt croyre

Le fort sommeil, que celeste on doibt croyre,
Plus doulx que miel, couloit aux yeulx lassez,
Lors que d’amour les plaisirs amassez
Entrent en moy par la porte d’ivoyre.

J’avoy’ lié ce col de marbre, voyre
Ce sein d’albastre, en mes bras enlassez,
Non moins qu’on void les ormes embrassez
Du sep lascif, au fecond bord de Loyre.

Amour avoit en mes lasses mouëlles
Dardé le traict de ses flammes cruelles,
Et l’ame erroit par ces levres de roses,

Preste d’aller au fleuve oblivieux,
Quand le reveil, de mon ayse envieux,
Du doulx sommeil a les portes decloses.
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