Poèmes de ce thème
Pluie et tempêtes
Jean Moréas
Livre VII, iv
J’allais dans la campagne avec le vent d’orage,
Sous le pâle matin, sous les nuages bas;
Un corbeau ténéreux escortait mon voyage,
Et dans les flaques d’eau retentissaient mes pas.
La foudre à l’horizon faisait courir sa flamme
Et l’Aquilon doublait ses longs gémissements;
Mais la tempête était trop faible pour mon âme,
Qui couvrait le tonnerre avec ses battements.
De la dépouille d’or du frêne et de l’érable
L’Automne composait son éclatant butin,
Et le corbeau toujours d’un vol inexorable
M’accompagnait sans rien changer à mon destin.
Sous le pâle matin, sous les nuages bas;
Un corbeau ténéreux escortait mon voyage,
Et dans les flaques d’eau retentissaient mes pas.
La foudre à l’horizon faisait courir sa flamme
Et l’Aquilon doublait ses longs gémissements;
Mais la tempête était trop faible pour mon âme,
Qui couvrait le tonnerre avec ses battements.
De la dépouille d’or du frêne et de l’érable
L’Automne composait son éclatant butin,
Et le corbeau toujours d’un vol inexorable
M’accompagnait sans rien changer à mon destin.
Jules Supervielle
La pluie et les lyrans
Je vois tomber la pluie
Dont les flaques font luire
Notre grave planète,
La pluie qui tombe nette
Comme du temps d’Homère
Et du temps de Villon
Sur l’enfant et sa mère
Et le dos des moutons,
La pluie qui se répété
Mais ne peut attendrir
La dureté de tête
Ni le cœur des tyrans
Ni les favoriser
D’un juste étonnement,
Une petite pluie
Qui tombe sur Europe
Mettant tous les vivants
Dans la même enveloppe
Malgré l’infanterie
Qui charge ses fusils
Et malgré les journaux
Qui nous font des signaux,
Une petite pluie
Qui mouille les drapeaux.
Dont les flaques font luire
Notre grave planète,
La pluie qui tombe nette
Comme du temps d’Homère
Et du temps de Villon
Sur l’enfant et sa mère
Et le dos des moutons,
La pluie qui se répété
Mais ne peut attendrir
La dureté de tête
Ni le cœur des tyrans
Ni les favoriser
D’un juste étonnement,
Une petite pluie
Qui tombe sur Europe
Mettant tous les vivants
Dans la même enveloppe
Malgré l’infanterie
Qui charge ses fusils
Et malgré les journaux
Qui nous font des signaux,
Une petite pluie
Qui mouille les drapeaux.
Victor Hugo
Quand les nuages lourds et noirs où les tempêtes
. . . . . .
Quand les nuages lourds et noirs où les tempêtes
Enfoncent les éclairs comme des éperons,
Quand les farouches vents, embouchant leurs clairons,
Des porches inconnus sortent le soir en foule,
Quand une telle foudre en leurs rangs brille et roule,
Que ce tas de dragons et d’hydres par moment
A l’air de se mouvoir dans un embrasement,
Et qu’il semble qu’un feu prodigieux allume
Leurs crinières de pluie et leurs croupes de brume,
Quand ils planent hagards, hennissant à grand bruit,
Qui donc pousse, à travers le combat de la nuit,
Cette cavalerie ailée et formidable ?
. . . . . .
Quand les nuages lourds et noirs où les tempêtes
Enfoncent les éclairs comme des éperons,
Quand les farouches vents, embouchant leurs clairons,
Des porches inconnus sortent le soir en foule,
Quand une telle foudre en leurs rangs brille et roule,
Que ce tas de dragons et d’hydres par moment
A l’air de se mouvoir dans un embrasement,
Et qu’il semble qu’un feu prodigieux allume
Leurs crinières de pluie et leurs croupes de brume,
Quand ils planent hagards, hennissant à grand bruit,
Qui donc pousse, à travers le combat de la nuit,
Cette cavalerie ailée et formidable ?
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