Eloges
J’ai aimé un cheval – qui était-ce? – il m’a bien regardé de face, sous ses mèches.
Les trous vivants de ses narines étaient deux choses belles à voir – avec ce trou vivant qui gonfle au-dessus de chaque œil.
Quand il avait couru, il suait: c’est briller! – et j’ai pressé des lunes à ses flancs sous mes genoux d’enfant…
J’ai aimé un cheval – qui était-ce? – et parfois (car une bête sait mieux quelles forces nous vantent)
il levait à ses dieux une tête d’airain: soufflante, sillonnée d’un pétiole de veines.
XIV
Silencieusement va la sève et débouche aux rives minces de la feuille.
Voici d’un ciel de paille où lancer, ô lancer! à tour de bras la torche!
Pour moi, j’ai retiré mes pieds.
O mes amis où êtes-vous que je ne connais pas?… Ne verrez-vous cela aussi?…des havres crépitants, de belles eaux de cuivre mol où midi émietteur de cymbales troue l’ardeur de son puits…O c’est l’heure
où dans les villes surchauffées, au fond des cours gluantes sous les treilles glacées, l’eau coule aux bassins clos violée des roses vertes de midi…et l’eau nue est pareille à la pulpe d’un songe, et le Songeur est couché la, et il tient au plafond son œil d’or qui guerroie…
Et l’enfant qui revient de l’école des Pères, affectueux longeant l’affection des Murs qui sentent le pain chaud, voit au bout de la rue où il tourne
la mer déserte plus bruyante qu’une criée aux poissons. Et les boucauts de sucre coulent, aux Quais de marcassite peints, à grands ramages, de pétrole
et des nègres porteurs de bêtes écorchées s’agenouillent aux faïences des Boucheries Modèles, déchargeant un faix d’os et d’ahan,
et au rond-point de la Halle de bronze, haute demeure courroucée où pendent les poissons et qu’on entend chanter dans sa feuille de fer, un homme glabre, en cotonnade jaune, pousse un cri: je suis Dieu! et d’autres: il est fou!
et un autre envahi par le goût de tuer se met en marche vers le Château-d’Eau avec trois billes de poison: rose, verte, indigo.
Pour moi, j’ai retiré mes pieds.
Les trous vivants de ses narines étaient deux choses belles à voir – avec ce trou vivant qui gonfle au-dessus de chaque œil.
Quand il avait couru, il suait: c’est briller! – et j’ai pressé des lunes à ses flancs sous mes genoux d’enfant…
J’ai aimé un cheval – qui était-ce? – et parfois (car une bête sait mieux quelles forces nous vantent)
il levait à ses dieux une tête d’airain: soufflante, sillonnée d’un pétiole de veines.
XIV
Silencieusement va la sève et débouche aux rives minces de la feuille.
Voici d’un ciel de paille où lancer, ô lancer! à tour de bras la torche!
Pour moi, j’ai retiré mes pieds.
O mes amis où êtes-vous que je ne connais pas?… Ne verrez-vous cela aussi?…des havres crépitants, de belles eaux de cuivre mol où midi émietteur de cymbales troue l’ardeur de son puits…O c’est l’heure
où dans les villes surchauffées, au fond des cours gluantes sous les treilles glacées, l’eau coule aux bassins clos violée des roses vertes de midi…et l’eau nue est pareille à la pulpe d’un songe, et le Songeur est couché la, et il tient au plafond son œil d’or qui guerroie…
Et l’enfant qui revient de l’école des Pères, affectueux longeant l’affection des Murs qui sentent le pain chaud, voit au bout de la rue où il tourne
la mer déserte plus bruyante qu’une criée aux poissons. Et les boucauts de sucre coulent, aux Quais de marcassite peints, à grands ramages, de pétrole
et des nègres porteurs de bêtes écorchées s’agenouillent aux faïences des Boucheries Modèles, déchargeant un faix d’os et d’ahan,
et au rond-point de la Halle de bronze, haute demeure courroucée où pendent les poissons et qu’on entend chanter dans sa feuille de fer, un homme glabre, en cotonnade jaune, pousse un cri: je suis Dieu! et d’autres: il est fou!
et un autre envahi par le goût de tuer se met en marche vers le Château-d’Eau avec trois billes de poison: rose, verte, indigo.
Pour moi, j’ai retiré mes pieds.
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