La chute des corps

Déchainé dans ma chair où le démon demeure
J’appréhende les pluies qui polissent les pierres
Je vis pour le moment de vivre à contre-cœur
Pour le moment de croire encore à ma misére
Et par les arbres qui circulent sous la terre
Je renonce à la nuit qui remue ses rumeurs.

Je vis, je meurs, je vis... C’est ainsi que j’existe
Je lance sur le monde un Dieu déja sauveur
Déchainé dans ma chair, je l’aime et lui résiste
Soulevé par mon sang, je veux avec ferveur
Une femme moins nue, moins mortelle, moins triste
Que celle qui m’aimait dans les limbes en fleurs.

Déchainé dans ma chair, je me retrouve tel
Que je serai demain dans la chute des choses
Je vis, je me transforme avec amour et j’ose
Prendre a l’arbre les fruits qui flambent au soleil
Kt je cache à la terre où le tumulte règne
Le multiple serpent qui me gagne à sa cause.

Déchainé, divisé souvent contre moi-même
Je sème dans mon sang les poivres, les pollens,
Que l’insecte au ventre vorace a visités
Kt j’écoute en mon corps maintenant mutilé
Le chant charnu d’une Ame a l’affiit de l’été
Qui s’apaise parmi les pulpes qui se prennent.
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