Quand je vois le temps…
Quand je vois le temps
se refroidir et geler
et les arbres se dépouiller
et l’hiver s’installer,
alors je veux me mettre à l’aise
et me reposer
près du brasier d’un bon feu,
avec du vin clair,
dans une maison chaude,
à cause du temps mauvais.
Qu’il ne connaisse jamais de pardon,
celui qui n’aime pas son bien-être !
Je ne veux pas chevaucher
et aller mettre le feu,
car je hais faire la guerre
et lever des cris
et enlever du bétail
et faire du brigandage :
voilà une bien folle occupation
que de tout dévaster.
Les barons s’y mettent
à toute occasion ;
par suite de conseils déloyaux
ils suscitent guerres et conflits.
Il vaut bien mieux participer aux tournois
et jouter
et briser de grosses lances
et s’affronter avec art
et recommencer la fête
et tout distribuer,
et dépenser sans hésitation,
et gaspiller de l’argent.
L’argent en prison
ne vaut pas un bouton.
Plus un prud’homme a de biens,
plus les biens lui arrivent en quantité.
Quand je suis près du brasier
et que j’entends souffler le vent,
et que je vois la broche toute chargée
tourner sur le feu
et que l’on monte le bon vin
du cellier,
alors je veux boire et manger
et me reposer
près du feu de charbons.
Si j’ai un chapon bien gras,
je n’éprouve pas de démangeaison
de partir à l’assaut d’un donjon.
Il n’y a même pas un grèbe
tendu sur une motte :
je n’aurai pas de protection
par cette froide saison.
À Sailly, à Guy
qui comprend bien la raison
j’envoie ma chanson,
que je fasse bien, à vrai dire, ou non.
se refroidir et geler
et les arbres se dépouiller
et l’hiver s’installer,
alors je veux me mettre à l’aise
et me reposer
près du brasier d’un bon feu,
avec du vin clair,
dans une maison chaude,
à cause du temps mauvais.
Qu’il ne connaisse jamais de pardon,
celui qui n’aime pas son bien-être !
Je ne veux pas chevaucher
et aller mettre le feu,
car je hais faire la guerre
et lever des cris
et enlever du bétail
et faire du brigandage :
voilà une bien folle occupation
que de tout dévaster.
Les barons s’y mettent
à toute occasion ;
par suite de conseils déloyaux
ils suscitent guerres et conflits.
Il vaut bien mieux participer aux tournois
et jouter
et briser de grosses lances
et s’affronter avec art
et recommencer la fête
et tout distribuer,
et dépenser sans hésitation,
et gaspiller de l’argent.
L’argent en prison
ne vaut pas un bouton.
Plus un prud’homme a de biens,
plus les biens lui arrivent en quantité.
Quand je suis près du brasier
et que j’entends souffler le vent,
et que je vois la broche toute chargée
tourner sur le feu
et que l’on monte le bon vin
du cellier,
alors je veux boire et manger
et me reposer
près du feu de charbons.
Si j’ai un chapon bien gras,
je n’éprouve pas de démangeaison
de partir à l’assaut d’un donjon.
Il n’y a même pas un grèbe
tendu sur une motte :
je n’aurai pas de protection
par cette froide saison.
À Sailly, à Guy
qui comprend bien la raison
j’envoie ma chanson,
que je fasse bien, à vrai dire, ou non.
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