Stances au roi henri le grand pour de petites nymphes qui mènent l’amour prisonnier (1610)

A la fin tant d’amants, dont les ames blessees
Languissent nuit et jour,
Verront sur leur auteur leurs peines renversees,
Et seront consolez aux despens de l’Amour.

Ce publicque ennemy, cette peste du monde,
Que l’erreur des humains
Fait le maistre absolu de la terre et de l’onde,
Se treuve à la mercy de nos petites mains.

Nous le vous amenons dépoüillé de ses armes ;
O Roy, l’astre des rois,
Quittez vostre bonté, mocquez-vous de ses larmes,
Et luy faites sentir la rigueur de vos lois.

. . . . . .
Mars, qui met sa loüange à deserter la terre
Par des meurtres espais,
N’a rien de si tragique aux fureurs de la guerre
Comme ce desloyal aux douceurs de la paix.
. . . . . .

Ne meslez rien de lasche à vos hautes pensees,
Et par quelques appas
Qu’il demande mercy de ses fautes passees,
Imitez son exemple à ne pardonner pas.
. . . . . .
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