Relève-toi, mon âme, et redeviens la cible

De mille flèches d’or:

Il faut qu’avec ma main cette Minerve horrible

Frappe la lyre encor.

L’arbre portant ses fruits, le vent qui le renverse,

Sur le front d’un ami

La pâle mort déjà, la trahison qui berce

Le soupçon endormi,

L’étoile à l’horizon, le phare sur le môle,

La coupe au cristal fin

Que j’ai jetée ainsi par-dessus mon épaule,

Toute pleine de vin,

Et chacun de mes jours, tels qu’une fleur qui passe

Sur l’onde et disparaît:

Dans mon destin comment sauraient-ils trouver place,

Cet espoir, ce regret?
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