O corps pétrifiés dans la dernière mort,
corps qui vous étes seuls scellés et condamnés
a n’étre plus sans Dieu que l’absence des corps,
que des corps interdits, que des corps étrangers,

que des corps de refus refusés à la vie,
ô grands corps descendus dans votre éternité
hors de la vigne mire et du seul corps qui lie
pour n’avoir fait de vous que des corps possédés,
que des corps investis du terrible pouvoir
de diviser la chair, la lumière et le monde,
corps maintenant pareils à des corps sans espoir,
à cette nuit de corps que plus rien ne féconde

et pour qui même Dieu, Père, ne peut plus rien,
corps absolus, corps séparés des corps vivants,
corps fixés dans la mort, corps sans eau et sans pain,
voici que maintenant vous n’avez plus de sens,

voici que vous dormez d’un sommeil infini,
de l’effrayante paix d’un sommeil sans amour
comme des arbres morts et des corps sans esprit,
voici que vous dormez comme des corps si lourds,

voici que vous dormez d’un sommeil si profond
que vous ne voyez plus le Père qui vous voit,
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