Visage de tige basse
Quand l’horizon entre dans les yeux
d’un homme, il incline son front sous les labours
des sourcils. La tendresse d’être nu et seul
au monde dévaste, dans son regard, toute forme
d’orgueil et de dureté. Toute mémoire.
Toute appartenance à l’ordre des choses.
Le visage ainsi blessé retourne à l’air, à l’eau
aux mouvements imperceptibles du ciel.
Les pupilles s’endorment comme des chiennes
aux pieds du maître. Les mousses, les forêts, les lichens
envahissent les cheveux, la barbe, les aspérités.
La peau de mouton de l’âme se serre en écharpe autour du cou.
Quand l’horizon entre dans les yeux d’un homme, rien
il ne se passe rien, sauf un autre jour, une semaine
puis un mois, une vie entière. On a tort de croire
aux anges, aux esprits, à l’apparition du miracle.
Il suffit de croiser un visage de tige basse,
de verger qui pleure au fond des yeux,
de fumée sur les étangs, pour vaciller à son tour
résister à l’envie de se jeter à genoux.
Y a-t-il des prières pour les flaques,
les hommes sans gestes, les outils rouillés ?
Je prends ce visage pour moi, je le supplie
de m’accueillir. Il me répond tout entier.
Les mots qu’il prononce dans son silence
portent le regard que je raconte ici.
d’un homme, il incline son front sous les labours
des sourcils. La tendresse d’être nu et seul
au monde dévaste, dans son regard, toute forme
d’orgueil et de dureté. Toute mémoire.
Toute appartenance à l’ordre des choses.
Le visage ainsi blessé retourne à l’air, à l’eau
aux mouvements imperceptibles du ciel.
Les pupilles s’endorment comme des chiennes
aux pieds du maître. Les mousses, les forêts, les lichens
envahissent les cheveux, la barbe, les aspérités.
La peau de mouton de l’âme se serre en écharpe autour du cou.
Quand l’horizon entre dans les yeux d’un homme, rien
il ne se passe rien, sauf un autre jour, une semaine
puis un mois, une vie entière. On a tort de croire
aux anges, aux esprits, à l’apparition du miracle.
Il suffit de croiser un visage de tige basse,
de verger qui pleure au fond des yeux,
de fumée sur les étangs, pour vaciller à son tour
résister à l’envie de se jeter à genoux.
Y a-t-il des prières pour les flaques,
les hommes sans gestes, les outils rouillés ?
Je prends ce visage pour moi, je le supplie
de m’accueillir. Il me répond tout entier.
Les mots qu’il prononce dans son silence
portent le regard que je raconte ici.
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