C’est un visage
Au fond du temps, ce temps qui n’a plus rien à dire,
J’écoute le silence d’un merveilleux visage.
Il est de feuille verte, il est de feuille morte,
C’est un rien qui soupire en frappant à la porte
De mon cœur dépouillé de serrures, de chaînes ;
C’est un visage blanc, sans ombre, aux cheveux blonds,
Si frais que le mystère en dérange les boucles ;
Des grilles m’en séparent, ce sont des cils, des rides,
Un masque de métal ouvragé sur mes joues.
Au fond du temps tué, je marche si souvent
Que je ne suis plus seul avec ma solitude ;
Je me fais des amis dans le passé d’autrui,
J’ai mes saules, mes rues, mes hautes croix martyres
Dans ce que vous jetez de vos lourds souvenirs.
Mais ce visage-là m’appartient comme une île,
Comme la folle pluie lorsqu’elle déshabille
Les arbres de leurs chants, comme l’eau des étoiles
Quand la soif a fermé ses volets pour dormir ;
C’est un visage sans histoire, un astre tendre
Qui veille sur mon Ame et la tient par la main
Pour la garder du froid, des failles et des hommes.
BRÛLER LE FEU, Lumière de l’Ombre.
J’écoute le silence d’un merveilleux visage.
Il est de feuille verte, il est de feuille morte,
C’est un rien qui soupire en frappant à la porte
De mon cœur dépouillé de serrures, de chaînes ;
C’est un visage blanc, sans ombre, aux cheveux blonds,
Si frais que le mystère en dérange les boucles ;
Des grilles m’en séparent, ce sont des cils, des rides,
Un masque de métal ouvragé sur mes joues.
Au fond du temps tué, je marche si souvent
Que je ne suis plus seul avec ma solitude ;
Je me fais des amis dans le passé d’autrui,
J’ai mes saules, mes rues, mes hautes croix martyres
Dans ce que vous jetez de vos lourds souvenirs.
Mais ce visage-là m’appartient comme une île,
Comme la folle pluie lorsqu’elle déshabille
Les arbres de leurs chants, comme l’eau des étoiles
Quand la soif a fermé ses volets pour dormir ;
C’est un visage sans histoire, un astre tendre
Qui veille sur mon Ame et la tient par la main
Pour la garder du froid, des failles et des hommes.
BRÛLER LE FEU, Lumière de l’Ombre.