Patrice de La Tour du Pin

Patrice de La Tour du Pin

Bien-aimé, si dans la haute nuit pascale tu m’élèves

Bien-aimé, si dans la haute nuit Pascale Tu m’élèves,
Cette nuit prodigieuse entre les nuits du monde,
Cette nuit qui rassemble les temps et les mondes,

Si tu veux accorder à l’homme de louange
Pour Toi qui es Louange, et non pour ce qu’il est,
Une grâce de plus que la paix de confiance,
Une infime clarté qui puisse l’exalter,

Si Tu veux soutenir son cœur dans ce mnystére,
Dans l’explosion montant du sein de cette nuit,
Du feu qu’elle a couvé jusqu’a son incendie,
En consommant en Toi ce qui vient de la terre,
Sans le juger déjà, car il serait détruit...
Bien-aimé, si Tu daignes serrer sur tes lèvres
Sa bouche tout le temps de cette traversée,
Pour sacrer la salive et l’air a respirer,

Si Tu daignes lever à l’orient de Pâques
Un 4a un les reflets des grands signes du ciel
Sur l’histoire du monde, un à un les appels
Du dimanche éternel sur la semaine d’ombre,

Si Tu touches enfin les eaux de son baptême
Pour qu’elles rendent flamme et splendeur sans briler,
Et souffles ton Esprit sans faire chanceler
Ce tabernacle fait de vieille chair humaine
Qu’a feu doux de l’amour Tu as renouvelé...

Bien-aimé dans la nuit bénie, s’il est possible
Que du ventre en douleurs de la création
Sa voix suive ton hymne et magnifie ton Nom,

Et rien qu’en ordonnant aux anges de cet hymne
De tenir ton chanteur, Tu l’accordes d’amour
Au travers de cette ombre enceinte de ton Jour,
Et l’entourés de tant de ta joie qu’il l’exprime,

O Bienfaisant, Seigneur bienfaisant du passage
Du germe de la Vie jusqu’a sa floraison,
Le seul qui n’ouvre pas sur la désolation
Et qui ait traversé l’effroyable naufrage,
Permets-lui le cantique à ta bénédiction!

Sites de l’Eternel, levez-vous ’un de J’autre!
Laissez-nous contempler l’âge où le Sanctuaire
Dans la chair d’homme fut formé!
Levez-vous de la nuit fermée des millénaires
Et que nous appuyions le Préface à voix haute
Au-delà de ce siècle où: nous sommes semés!

LE SECOND JEU, 1959.
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Poèmes

11

Quatrieme concert sur terre ou concert de fiellouze

I

Annie, tu es tant mon amour
Que ma vieille voix imprécise
Se repent d’avoir murmuré
Un pareil mot avant ce jour,
Car c’est le seul qui te trahisse.
Je n’en ai jamais décoré
Une autre bouche féminine,
Je lai gardé vierge et si clair
Pour ta seule àme, pour tes yeux,
Avec son filet de lumière
Quw’il tient de la grace divine,
Comme il est le seul mot pour Dieu...

II

Je n’ai rien connu avant toi
Ou je puisse me reposer,
Sinon les choses d’espérances ;
Je ne pouvais sortir de moi...
Ne t’effraie pas, si je m’étonne
De ton amour, de ta présence :
Je suis créé pour m’étonner...
J’ai tant cru devoir m’en aller,
N’étant amoureux de personne
Et sans étre vraiment aimé...

LES CONCERTS SUR TERRE.

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