Poèmes de ce thème
Relations et famille
Charles Baudelaire
Parfum exotique
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Charles Baudelaire
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,
À la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?
— Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son œil nous revêt d’un habit de clarté.
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.
Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone. »
Que diras-tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,
À la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?
— Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son œil nous revêt d’un habit de clarté.
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.
Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone. »
Charles Baudelaire
Une nuit que j’étais près d’une affreuse Juive
Une nuit que j’étais près d’une affreuse Juive,
Comme au long d’un cadavre un cadavre étendu,
Je me pris à songer près de ce corps vendu
A la triste beauté dont mon désir se prive.
Je me représentai sa majesté native,
Son regard de vigueur et de grâces armé,
Ses cheveux qui lui font un casque parfumé,
Et dont le souvenir pour l’amour me ravive.
Car j’eusse avec ferveur baisé ton noble corps,
Et depuis tes pieds frais jusqu’à tes noires tresses
Déroulé le trésor des profondes caresses,
Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort
Tu pouvais seulement, Ô reine des cruelles !
Obscurcir la splendeur de tes froides prunelles.
Comme au long d’un cadavre un cadavre étendu,
Je me pris à songer près de ce corps vendu
A la triste beauté dont mon désir se prive.
Je me représentai sa majesté native,
Son regard de vigueur et de grâces armé,
Ses cheveux qui lui font un casque parfumé,
Et dont le souvenir pour l’amour me ravive.
Car j’eusse avec ferveur baisé ton noble corps,
Et depuis tes pieds frais jusqu’à tes noires tresses
Déroulé le trésor des profondes caresses,
Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort
Tu pouvais seulement, Ô reine des cruelles !
Obscurcir la splendeur de tes froides prunelles.
Charles Cros
Hiéroglyphe
J’ai trois fenêtres à ma chambre:
L’amour, la mer, la mort,
Sang vif, vert calme, violet.
O femme, doux et lourd trésor!
Froids vitraux, cloches, odeurs d’ambre.
La mer, la mort, l’amour,
Ne sentir que ce qui me plaît…
Femme, plus claire que le jour!
Par ce soir doré de septembre,
La mort, l’amour, la mer,
Me noyer dans l’oubli complet.
Femme! femme! cercueil de chair!
L’amour, la mer, la mort,
Sang vif, vert calme, violet.
O femme, doux et lourd trésor!
Froids vitraux, cloches, odeurs d’ambre.
La mer, la mort, l’amour,
Ne sentir que ce qui me plaît…
Femme, plus claire que le jour!
Par ce soir doré de septembre,
La mort, l’amour, la mer,
Me noyer dans l’oubli complet.
Femme! femme! cercueil de chair!
Charles Cros
L’Orgue
Sous un roi d’Allemagne, ancien,
Est mort Gottlieb le musicien.
On l’a cloué sous les planches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Il est mort pour avoir aimé
La petite Rose-de-Mai.
Les filles ne sont pas franches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Elle s’est mariée, un jour,
Avec un autre, sans amour.
« Repassez les robes blanches ! »
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Quand à l’église ils sont venus,
Gottlieb à l’orgue n’était plus,
Comme les autres dimanches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Car depuis lors, à minuit noir,
Dans la forêt on peut le voir
À l’époque des pervenches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Son orgue a les pins pour tuyaux.
Il fait peur aux petits oiseaux.
Morts d’amour ont leurs revanches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Est mort Gottlieb le musicien.
On l’a cloué sous les planches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Il est mort pour avoir aimé
La petite Rose-de-Mai.
Les filles ne sont pas franches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Elle s’est mariée, un jour,
Avec un autre, sans amour.
« Repassez les robes blanches ! »
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Quand à l’église ils sont venus,
Gottlieb à l’orgue n’était plus,
Comme les autres dimanches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Car depuis lors, à minuit noir,
Dans la forêt on peut le voir
À l’époque des pervenches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Son orgue a les pins pour tuyaux.
Il fait peur aux petits oiseaux.
Morts d’amour ont leurs revanches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.
Charles Cros
Lendemain
Avec les fleurs, avec les femmes,
Avec l’absinthe, avec le feu,
On peut se divertir un peu,
Jouer son rôle en quelque drame.
L’absinthe bue un soir d’hiver
Éclaire en vert l’âme enfumée,
Et les fleurs, sur la bien-aimée
Embaument devant le feu clair.
Puis les baisers perdent leurs charmes,
Ayant duré quelques saisons.
Les réciproques trahisons
Font qu’on se quitte un jour, sans larmes.
On brûle lettres et bouquets
Et le feu se met à l’alcôve,
Et, si la triste vie est sauve,
Restent l’absinthe et ses hoquets.
Les portraits sont mangés des flammes;
Les doigts crispés sont tremblotants…
On meurt d’avoir dormi longtemps
Avec les fleurs, avec les femmes.
Avec l’absinthe, avec le feu,
On peut se divertir un peu,
Jouer son rôle en quelque drame.
L’absinthe bue un soir d’hiver
Éclaire en vert l’âme enfumée,
Et les fleurs, sur la bien-aimée
Embaument devant le feu clair.
Puis les baisers perdent leurs charmes,
Ayant duré quelques saisons.
Les réciproques trahisons
Font qu’on se quitte un jour, sans larmes.
On brûle lettres et bouquets
Et le feu se met à l’alcôve,
Et, si la triste vie est sauve,
Restent l’absinthe et ses hoquets.
Les portraits sont mangés des flammes;
Les doigts crispés sont tremblotants…
On meurt d’avoir dormi longtemps
Avec les fleurs, avec les femmes.
Charles d'Orléans
Ballade
Mon cueur m’a fait commandement
De venir vers vostre jeunesse,
Belle que j’ayme loyaument,
Comme doy faire ma Princesse.
Se vous demandés pour quoy esse ?
C’est pour savoir quant vous plaira
Alegier sa dure destresse.
Ma Dame, le sauray je ja ?
Ditez le par vostre serment ;
Je vous fais leale promesse :
Nul ne le saura, seulement
Fors que lui pour avoir leesse ;
Or lui moustrés qu’estes maistresse,
Et lui mandez qu’il guérira ;
Ou, s’il doit morir de destresse,
Ma Dame, le sauray je ja?
Penser ne pourroit nullement
Que la douleur qui tant le blesse
Ne vous desplaise aucunement ;
Or faitez dont tant qu’elle cesse,
Et le remettés en l’adresse
D’Espoir, dont il party pieçà ;
Respondez sans que plus vous presse :
Ma Dame, le sauray je ja ?
De venir vers vostre jeunesse,
Belle que j’ayme loyaument,
Comme doy faire ma Princesse.
Se vous demandés pour quoy esse ?
C’est pour savoir quant vous plaira
Alegier sa dure destresse.
Ma Dame, le sauray je ja ?
Ditez le par vostre serment ;
Je vous fais leale promesse :
Nul ne le saura, seulement
Fors que lui pour avoir leesse ;
Or lui moustrés qu’estes maistresse,
Et lui mandez qu’il guérira ;
Ou, s’il doit morir de destresse,
Ma Dame, le sauray je ja?
Penser ne pourroit nullement
Que la douleur qui tant le blesse
Ne vous desplaise aucunement ;
Or faitez dont tant qu’elle cesse,
Et le remettés en l’adresse
D’Espoir, dont il party pieçà ;
Respondez sans que plus vous presse :
Ma Dame, le sauray je ja ?
Charles d'Orléans
Chanson
Que me conseillez-vous, mon cœur ?
Irai-je par devers la belle
Lui dire la peine mortelle
Que souffrez pour elle en douleur ?
Pour votre bien et son honneur,
C’est droit que votre conseil cèle.
Que me conseillez-vous, mon cœur,
Irai-je par devers la belle ?
Si pleine la sais de douceur
Que trouverai merci en elle,
Tôt en aurez bonne nouvelle.
J’y vais, n’est-ce pour le meilleur ?
Que me conseillez-vous, mon cœur ?
Irai-je par devers la belle
Lui dire la peine mortelle
Que souffrez pour elle en douleur ?
Pour votre bien et son honneur,
C’est droit que votre conseil cèle.
Que me conseillez-vous, mon cœur,
Irai-je par devers la belle ?
Si pleine la sais de douceur
Que trouverai merci en elle,
Tôt en aurez bonne nouvelle.
J’y vais, n’est-ce pour le meilleur ?
Que me conseillez-vous, mon cœur ?
Charles d'Orléans
Chanson
Prenez tost ce baisier, mon cueur,
Que ma maistresse vous présente,
La belle, bonne, jeune et gente,
Par sa tresgrant grâce et doulceur.
Bon guet feray, sus mon honneur,
Afin que Dangier riens n’en sente.
Prenez tost ce baisier, mon cueur,
Que ma maistresse vous présente.
Dangier, toute nuit, en labeur,
A fait guet ; or gist en sa tente.
Acomplissez brief vostre entente,
Tantdis qu’il dort : c’est le meillieur.
Prenez tost ce baisier, mon cueur.
Que ma maistresse vous présente,
La belle, bonne, jeune et gente,
Par sa tresgrant grâce et doulceur.
Bon guet feray, sus mon honneur,
Afin que Dangier riens n’en sente.
Prenez tost ce baisier, mon cueur,
Que ma maistresse vous présente.
Dangier, toute nuit, en labeur,
A fait guet ; or gist en sa tente.
Acomplissez brief vostre entente,
Tantdis qu’il dort : c’est le meillieur.
Prenez tost ce baisier, mon cueur.
Charles d'Orléans
En faites-vous doute
En faites-vous doute
Que vôtre ne soie ?
Ce Dieu me doint joie
Au cœur, si suis toute.
Rien ne m’en déboute
Pour chose que j’oye :
En faites-vous doute
Que vôtre ne soie ?
Danger et sa route
S’en voisent leur voie,
Sans que plus les voie ;
Toujours il m’écoute,
En faites-vous doute ?
Que vôtre ne soie ?
Ce Dieu me doint joie
Au cœur, si suis toute.
Rien ne m’en déboute
Pour chose que j’oye :
En faites-vous doute
Que vôtre ne soie ?
Danger et sa route
S’en voisent leur voie,
Sans que plus les voie ;
Toujours il m’écoute,
En faites-vous doute ?
Charles d'Orléans
En regardant vers le pays de France
En regardant vers le pays de France,
Un jour m’advint, à Douvres sur la mer,
Qu’il me souvint de la douce plaisance
Que je soulais audit pays trouver ;
Et commençai de cœur à soupirer,
Combien certes que grand bien me faisoit
De voir France que mon cœur aimer doit.
Je m’avisais que c’était non savance
De tels soupirs dedans mon cœur garder,
Vu que je vois que la voie commence
De bonne paix, qui tous biens peut donner ;
Pour ce, tournai en confort mon penser.
Mais non pourtant mon cœur ne se lassoit
De voir France que mon cœur aimer doit.
Alors chargeai en la nef d’Espérance
Tous mes souhaits, en leur priant d’aller
Outre la mer, sans faire demeurance,
Et à France de me recommander.
Or nous doint Dieu bonne paix sans tarder !
Adonc aurai loisir, mais qu’ainsi soit,
De voir France que mon cœur aimer doit.
Paix est trésor qu’on ne peut trop louer.
Je hais guerre, point ne la dois priser ;
Destourbé m’a longtemps, sois tort ou droit,
De voir France que mon cœur aimer doit !
Un jour m’advint, à Douvres sur la mer,
Qu’il me souvint de la douce plaisance
Que je soulais audit pays trouver ;
Et commençai de cœur à soupirer,
Combien certes que grand bien me faisoit
De voir France que mon cœur aimer doit.
Je m’avisais que c’était non savance
De tels soupirs dedans mon cœur garder,
Vu que je vois que la voie commence
De bonne paix, qui tous biens peut donner ;
Pour ce, tournai en confort mon penser.
Mais non pourtant mon cœur ne se lassoit
De voir France que mon cœur aimer doit.
Alors chargeai en la nef d’Espérance
Tous mes souhaits, en leur priant d’aller
Outre la mer, sans faire demeurance,
Et à France de me recommander.
Or nous doint Dieu bonne paix sans tarder !
Adonc aurai loisir, mais qu’ainsi soit,
De voir France que mon cœur aimer doit.
Paix est trésor qu’on ne peut trop louer.
Je hais guerre, point ne la dois priser ;
Destourbé m’a longtemps, sois tort ou droit,
De voir France que mon cœur aimer doit !
Charles d'Orléans
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu’il me fault loing de vous demorer,
Je n’ay plus riens, a me réconforter,
Qu’un souvenir pour retenir lyesse.
. En allegant, par Espoir, ma destresse,
Me couvendra le temps ainsi passer,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu’il me fault loing de vous demorer.
Car mon las cueur, bien garny de tristesse,
S’en est voulu avecques vous aler,
Ne je ne puis jamais le recouvrer,
Jusques verray vostre belle jeunesse,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse.
Puisqu’il me fault loing de vous demorer,
Je n’ay plus riens, a me réconforter,
Qu’un souvenir pour retenir lyesse.
. En allegant, par Espoir, ma destresse,
Me couvendra le temps ainsi passer,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu’il me fault loing de vous demorer.
Car mon las cueur, bien garny de tristesse,
S’en est voulu avecques vous aler,
Ne je ne puis jamais le recouvrer,
Jusques verray vostre belle jeunesse,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse.
Charles d'Orléans
Ma seule, plaisant, doulce joye
Ma seule, plaisant, doulce joye,
La maistresse de mon vouloir,
J’ay tel désir de vous veoir,
Que mander ne le vous sauroye.
Helas ! pensez que ne pourroye
Aucun bien, sans vous, recevoir,
Ma seule, plaisant, doulce joye,
La maistresse de mon vouloir.
Car, quant Desplaisir me guerroye,
Souventesfois, de son povoir,
Et je vueil réconfort avoir,
Esperance vers vous m’envoye,
Ma seule, plaisant, doulce joye!
La maistresse de mon vouloir,
J’ay tel désir de vous veoir,
Que mander ne le vous sauroye.
Helas ! pensez que ne pourroye
Aucun bien, sans vous, recevoir,
Ma seule, plaisant, doulce joye,
La maistresse de mon vouloir.
Car, quant Desplaisir me guerroye,
Souventesfois, de son povoir,
Et je vueil réconfort avoir,
Esperance vers vous m’envoye,
Ma seule, plaisant, doulce joye!
Charles Le Quintrec
Ce monde ancien
Cette ici le pays des pluies et des chataignes
Le bocage bourru du vent et du hibou
Ah les arbres, les feux feuillus de leurs prunelles!
J’étais enfant, je commandais a tous les ciels
Et la nuit m’attachait a la herse des houx.
La lune avait un vieux visage de victime
On rencontrait des loups, des lépreux en chemin
Une clochette au cou, une chaine aux chevilles,
Ils s’en allaient mourir en des pays païens
Et les bergers roulaient chandelles de résine
Pour éclairer le purgatoire des défunts.
Il y avait de longs oiseaux sur les labours
Des flaques d’eau dans les sillons depuis septembre
Je voulais quitter mon village pour toujours
Ne plus garder moutons et vaches dans la lande
Et je n’entendais plus les bombardes du bourg...
Ma paroisse priait le ciel chaste de l’aube
Les paysans savaient parler a leurs poulains
C’est ici l’arrière-pays d’avant la faute
Ou Dieu vient chaque jour boire un verre en voisin
J’y retrouve la paix capitale du pain
Et amour haletant des étoiles qui sautent.
Le bocage bourru du vent et du hibou
Ah les arbres, les feux feuillus de leurs prunelles!
J’étais enfant, je commandais a tous les ciels
Et la nuit m’attachait a la herse des houx.
La lune avait un vieux visage de victime
On rencontrait des loups, des lépreux en chemin
Une clochette au cou, une chaine aux chevilles,
Ils s’en allaient mourir en des pays païens
Et les bergers roulaient chandelles de résine
Pour éclairer le purgatoire des défunts.
Il y avait de longs oiseaux sur les labours
Des flaques d’eau dans les sillons depuis septembre
Je voulais quitter mon village pour toujours
Ne plus garder moutons et vaches dans la lande
Et je n’entendais plus les bombardes du bourg...
Ma paroisse priait le ciel chaste de l’aube
Les paysans savaient parler a leurs poulains
C’est ici l’arrière-pays d’avant la faute
Ou Dieu vient chaque jour boire un verre en voisin
J’y retrouve la paix capitale du pain
Et amour haletant des étoiles qui sautent.
Charles Le Quintrec
Dans ce long paysage
Dans ce long paysage où l’été se résigne
J’ai plaisir à te prendre aux noces des sentiers
Tu ris. Ta robe est entrouverte et je devine
Ta peau pareille à la pulpe des peupliers
Dans ce long paysage ou gitent les gibiers
L’homme que je serai, passe par ta poitrine.
Ne parle pas. Ta bouche est capable du cri
Les belettes nous voient, les blaireaux nous écoutent
Sous les terrestres pommiers du paradis
Les poissons planent haut, les reptiles redoutent
Quelque piège d’amour au creux des éboulis
Et ton corps de panique en plainte se déplie...
Je t’imagine entre la lune et les ténèbres
Plus pâle et déja plus humaine, mon aimée
Tu te raidis pour mieux me mordre, tu t’apprétes
A redire les vieux mots de la volupté
Tes longues jambes nues, parmi les hautes herbes,
Me sont autant de délices que de dangers.
L’oiseau lent des sommets s’*échappe de ma bible
Il a l’aile meurtrie et la patte blessée
Je te vois, je te veux... De grace, aime-moi vite!
Je veux ton corps et ton àme pour les sauver
Dans ce pays de Paque, ou Dieu vient d’arriver
Pour l’amour de l’Amour, les vivants ressuscitent.
J’ai plaisir à te prendre aux noces des sentiers
Tu ris. Ta robe est entrouverte et je devine
Ta peau pareille à la pulpe des peupliers
Dans ce long paysage ou gitent les gibiers
L’homme que je serai, passe par ta poitrine.
Ne parle pas. Ta bouche est capable du cri
Les belettes nous voient, les blaireaux nous écoutent
Sous les terrestres pommiers du paradis
Les poissons planent haut, les reptiles redoutent
Quelque piège d’amour au creux des éboulis
Et ton corps de panique en plainte se déplie...
Je t’imagine entre la lune et les ténèbres
Plus pâle et déja plus humaine, mon aimée
Tu te raidis pour mieux me mordre, tu t’apprétes
A redire les vieux mots de la volupté
Tes longues jambes nues, parmi les hautes herbes,
Me sont autant de délices que de dangers.
L’oiseau lent des sommets s’*échappe de ma bible
Il a l’aile meurtrie et la patte blessée
Je te vois, je te veux... De grace, aime-moi vite!
Je veux ton corps et ton àme pour les sauver
Dans ce pays de Paque, ou Dieu vient d’arriver
Pour l’amour de l’Amour, les vivants ressuscitent.
Charles Saint-Beuve
Man âme est ce lac même…
Mon âme est ce lac mâme où le soleil qui penche,
Par un beau soir d’automne, envoie un feu mourant:
Le flot frissonne à peine, et pas une aile blanche,
Pas une rame au loin n’y joue en l’effleurant.
Tout dort, tout est tranquille, et le cristal limpide
En se refroidissant à l’air glacé des nuits,
Sans écho, sans soupir, sans un pli qui le ride,
Semble un miroir tout fait pour les pâles ennuis.
Mais ne sentez-vous pas, Madame, à son silence,
A ses flots transparents de lui-même oubliés,
A sa calme étendue où rien ne se balance,
Le bonheur qu’il éprouve à se taire à vos pieds
A réfléchir en paix le bien-aimé rivage,
A le peindre plus pur en ne s’y mêlant pas,
A ne rien perdre en soi de la divine image
De Celle dont sans bruit il recueille les pas?
Par un beau soir d’automne, envoie un feu mourant:
Le flot frissonne à peine, et pas une aile blanche,
Pas une rame au loin n’y joue en l’effleurant.
Tout dort, tout est tranquille, et le cristal limpide
En se refroidissant à l’air glacé des nuits,
Sans écho, sans soupir, sans un pli qui le ride,
Semble un miroir tout fait pour les pâles ennuis.
Mais ne sentez-vous pas, Madame, à son silence,
A ses flots transparents de lui-même oubliés,
A sa calme étendue où rien ne se balance,
Le bonheur qu’il éprouve à se taire à vos pieds
A réfléchir en paix le bien-aimé rivage,
A le peindre plus pur en ne s’y mêlant pas,
A ne rien perdre en soi de la divine image
De Celle dont sans bruit il recueille les pas?
Charles Van Lerberghe
L’Adieu
Le soir fraîchissait dans les roses.
Inquiets de troubler ce charme défaillant,
Des êtres inconnus, voluptueusement,
Atténuaient les choses
De voiles hyacinthes, semblables à des mers.
Tout s’effaçait en un calme silence,
Et devenait l’imperceptible hier.
Des choses qui mouraient paraissaient immortelles,
D’autres, languissamment, s’exhalaient dans le ciel,
Et pour qu’aucun regret n’en fût en nos pensées,
Tout en nous oubliant, semblaient comme oubliées.
Mais, à cette heure suprême
Nos visages encor tournés vers le bonheur,
Attardés dans le soir, dans l’adieu, dans les pleurs,
Attardés en nous-mêmes :
Nous voulions, malgré que tout espoir fût vain,
Revivre ce beau jour, et seuls, le soir atteint,
Seuls, nous ne savions nous détacher des choses,
A l’heure où les parfums se détachaient des roses,
Et la lumière de notre seuil.
Inquiets de troubler ce charme défaillant,
Des êtres inconnus, voluptueusement,
Atténuaient les choses
De voiles hyacinthes, semblables à des mers.
Tout s’effaçait en un calme silence,
Et devenait l’imperceptible hier.
Des choses qui mouraient paraissaient immortelles,
D’autres, languissamment, s’exhalaient dans le ciel,
Et pour qu’aucun regret n’en fût en nos pensées,
Tout en nous oubliant, semblaient comme oubliées.
Mais, à cette heure suprême
Nos visages encor tournés vers le bonheur,
Attardés dans le soir, dans l’adieu, dans les pleurs,
Attardés en nous-mêmes :
Nous voulions, malgré que tout espoir fût vain,
Revivre ce beau jour, et seuls, le soir atteint,
Seuls, nous ne savions nous détacher des choses,
A l’heure où les parfums se détachaient des roses,
Et la lumière de notre seuil.
Charles Van Lerberghe
Pardonne-moi, ô mon Amour
Pardonne-moi, ô mon Amour,
Si mes yeux pleins de toi ne te voient pas encore,
Si je m’éveille en ta splendeur,
Sans la comprendre, comme une fleur
S’éveille dans l’aurore ;
Pardonne-moi si mes yeux aujourd’hui
Ne te distinguent de la lumière,
S’ils ne séparent ton sourire
De leurs pleurs éblouis.
Pardonne-moi, si je t’écoute
Sans t’entendre, et ne sais pas
Si c’est toi, mon amour, qui parles,
Ou mon cœur qui gémit tout bas;
Pardonne-moi, si tes paroles
Autour de mes oreilles volent,
Comme des chants dans les airs bleus,
Ou l’aile du vent dans mes cheveux.
Pardonne-moi, si je te touche
Dans le soleil, ou si ma bouche
En souriant, sans le savoir,
T’atteint dans la fraîcheur du soir ;
Pardonne-moi, si je crois être
Près de toi-même où tu n’es pas,
Si je te cherche, lorsque peut-être
C’est toi qui reposes dans mes bras.
Si mes yeux pleins de toi ne te voient pas encore,
Si je m’éveille en ta splendeur,
Sans la comprendre, comme une fleur
S’éveille dans l’aurore ;
Pardonne-moi si mes yeux aujourd’hui
Ne te distinguent de la lumière,
S’ils ne séparent ton sourire
De leurs pleurs éblouis.
Pardonne-moi, si je t’écoute
Sans t’entendre, et ne sais pas
Si c’est toi, mon amour, qui parles,
Ou mon cœur qui gémit tout bas;
Pardonne-moi, si tes paroles
Autour de mes oreilles volent,
Comme des chants dans les airs bleus,
Ou l’aile du vent dans mes cheveux.
Pardonne-moi, si je te touche
Dans le soleil, ou si ma bouche
En souriant, sans le savoir,
T’atteint dans la fraîcheur du soir ;
Pardonne-moi, si je crois être
Près de toi-même où tu n’es pas,
Si je te cherche, lorsque peut-être
C’est toi qui reposes dans mes bras.
Charlotte Bourette
Épître à mon mari, écrite de Meaux
À toi, de qui la destinée
Avec la mienne est enchaînée
Par des liens qu’aucun effort
Ne peut rompre excepté la mort,
Je ne puis, d’un petit voyage,
En guise de pèlerinage,
Te faire un gracieux récit :
Je suis en ces lieux tout est dit.
De tes Parents la Kyrielle,
Cette aimable et longue séquelle,
S’est assemblée autour de moi,
Et chacun m’a parlé de toi ;
J’ai revu ce précieux gage
De notre amour ; et ton image
N’est pas mieux tracée au miroir,
Que dans ces traits charmants à voir.
Je mérite que l’on me croie,
Lorsque je dirai qu’avec joie
Dans mes bras j’ai su le presser,
Pensant toi-même t’embrasser.
Cependant pour moi la campagne
N’est pas un pays de cocagne ;
Quoique l’on dise que les jours
À présent sont devenus courts,
Ils paraissent, pour me déplaire,
Beaucoup plus longs qu’à l’ordinaire ;
Puisque je suis loin de Paris,
Et de tout ce que je chéris ;
Mais surtout d’un époux que j’aime
Cent mille fois plus que moi-même.
Avec la mienne est enchaînée
Par des liens qu’aucun effort
Ne peut rompre excepté la mort,
Je ne puis, d’un petit voyage,
En guise de pèlerinage,
Te faire un gracieux récit :
Je suis en ces lieux tout est dit.
De tes Parents la Kyrielle,
Cette aimable et longue séquelle,
S’est assemblée autour de moi,
Et chacun m’a parlé de toi ;
J’ai revu ce précieux gage
De notre amour ; et ton image
N’est pas mieux tracée au miroir,
Que dans ces traits charmants à voir.
Je mérite que l’on me croie,
Lorsque je dirai qu’avec joie
Dans mes bras j’ai su le presser,
Pensant toi-même t’embrasser.
Cependant pour moi la campagne
N’est pas un pays de cocagne ;
Quoique l’on dise que les jours
À présent sont devenus courts,
Ils paraissent, pour me déplaire,
Beaucoup plus longs qu’à l’ordinaire ;
Puisque je suis loin de Paris,
Et de tout ce que je chéris ;
Mais surtout d’un époux que j’aime
Cent mille fois plus que moi-même.
Choderlos de Laclos
Autre
L’amour lui-même a créé ma bergère,
Mais un enfant à tout ne peut songer ;
Trop occupé de la former pour plaire
Il ne la fit point pour aimer.
Il lui donna beauté, grâce touchante,
Dons précieux faits pour être adorés,
Mais elle n’eut qu’une âme indifférente,
Par qui ces dons sont déparés.
De mille feux son regard étincelle
Et de l’amour c’est encore une erreur ;
Il les mit tous dans les yeux de la belle,
Il n’en garda point pour son cœur.
Laisse à ses yeux leur douceur naturelle,
Et dans son cœur, amour, place tes feux ;
Glicère ainsi ne sera pas moins belle
Et je serai moins malheureux.
Mais un enfant à tout ne peut songer ;
Trop occupé de la former pour plaire
Il ne la fit point pour aimer.
Il lui donna beauté, grâce touchante,
Dons précieux faits pour être adorés,
Mais elle n’eut qu’une âme indifférente,
Par qui ces dons sont déparés.
De mille feux son regard étincelle
Et de l’amour c’est encore une erreur ;
Il les mit tous dans les yeux de la belle,
Il n’en garda point pour son cœur.
Laisse à ses yeux leur douceur naturelle,
Et dans son cœur, amour, place tes feux ;
Glicère ainsi ne sera pas moins belle
Et je serai moins malheureux.
Choderlos de Laclos
Épître à Madame la Marquise de Montalembert
Je sentais le besoin d’aimer,
Mais je voulais être fidèle.
A l’amour j’osai m’adresser :
« Dieu puissant ! indique-moi celle
Qui mérite de me fixer »,
Lui dis-je ; Amour battit de l’aile,
Sourit, et fut se reposer
Sur le sein naissant d’Isabeile :
Soudain, je sentis s’allumer
Une flamme vive et nouvelle.
« Amour ! m’écriai-je, c’est elle !
Je suis heureux, je vais aimer. »
Quelle voluptueuse ivresse
Alors sempara de mes sens !
J’étais aimé, j’avais quinze ans,
Je ne voyais que ma maîtresse !
Délire heureux de la tendresse,
N’existez-vous donc qu’au printemps ?
Mais je voulais être fidèle.
A l’amour j’osai m’adresser :
« Dieu puissant ! indique-moi celle
Qui mérite de me fixer »,
Lui dis-je ; Amour battit de l’aile,
Sourit, et fut se reposer
Sur le sein naissant d’Isabeile :
Soudain, je sentis s’allumer
Une flamme vive et nouvelle.
« Amour ! m’écriai-je, c’est elle !
Je suis heureux, je vais aimer. »
Quelle voluptueuse ivresse
Alors sempara de mes sens !
J’étais aimé, j’avais quinze ans,
Je ne voyais que ma maîtresse !
Délire heureux de la tendresse,
N’existez-vous donc qu’au printemps ?
Choderlos de Laclos
Rondeau
Elle est à moi, cette aimable Rosire,
Son cœur sensible a couronné mes feux :
Elle est à moi. puis-je être plus heureux ?
Ô volupté, j’éprouve ton délire,
Et mon bonheur a surpassé mes vœux.
Sein palpitant, voluptueux sourire,
Lèvres de rose et regards langoureux,
Rosire a tout : cette aimable Rosire,
Elle est à moi.
En vers naïfs dans mes chants amoureux,
Ainsi d’Amour je célébrais l’empire.
Las ! Peignez-vous mes transports douloureux.
Lysis arrive : il accorde sa lyre,
Puis chante aussi : cette aimable Rosire,
Elle est à moi !
Son cœur sensible a couronné mes feux :
Elle est à moi. puis-je être plus heureux ?
Ô volupté, j’éprouve ton délire,
Et mon bonheur a surpassé mes vœux.
Sein palpitant, voluptueux sourire,
Lèvres de rose et regards langoureux,
Rosire a tout : cette aimable Rosire,
Elle est à moi.
En vers naïfs dans mes chants amoureux,
Ainsi d’Amour je célébrais l’empire.
Las ! Peignez-vous mes transports douloureux.
Lysis arrive : il accorde sa lyre,
Puis chante aussi : cette aimable Rosire,
Elle est à moi !
Christine de Pizan
12. la dame
Si j’étais sûre d’être aimée
Sans demande ou pensée méprisables
Et qu’à l’amant il suffît simplement
D’être appelé doux ami, je ne nie pas
Que ce fût
Vie plaisante qu’aimer et qu’elle
Plût à toute dame, si parfaite soit-elle.
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Il serait juste qu’on blâmât la dame
Qui ne voudrait être pourvue d’un ami,
Bon et loyal, qui l’appelât dame,
Puisqu’elle ne serait pas privée de son honneur
Et qu’elle saurait
Qu’il lui porte toujours une telle loyauté :
Elle serait folle de refuser,
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Pour cela, de peur d’être diffamée
Ou couverte de honte par tromperie
Je n’oserais – malgré toutes les assurances reçues –
Aimer personne, quelque peine qu’on s’en donne.
Mais si quelqu’un que je connais
Pouvait se satisfaire d’être reçu en grâce,
Il aurait mon amour sans qu’honneur soit entamé.
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Prince, on me dit que j’en serais réconfortée,
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Sans demande ou pensée méprisables
Et qu’à l’amant il suffît simplement
D’être appelé doux ami, je ne nie pas
Que ce fût
Vie plaisante qu’aimer et qu’elle
Plût à toute dame, si parfaite soit-elle.
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Il serait juste qu’on blâmât la dame
Qui ne voudrait être pourvue d’un ami,
Bon et loyal, qui l’appelât dame,
Puisqu’elle ne serait pas privée de son honneur
Et qu’elle saurait
Qu’il lui porte toujours une telle loyauté :
Elle serait folle de refuser,
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Pour cela, de peur d’être diffamée
Ou couverte de honte par tromperie
Je n’oserais – malgré toutes les assurances reçues –
Aimer personne, quelque peine qu’on s’en donne.
Mais si quelqu’un que je connais
Pouvait se satisfaire d’être reçu en grâce,
Il aurait mon amour sans qu’honneur soit entamé.
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Prince, on me dit que j’en serais réconfortée,
Mais autrement je crains qu’amour soit fait.
Christine de Pizan
18. la dame
Certes, je suis serrée de si près
Que je ne sais de quel côté me tourner :
Amour m’assaille et m’enflamme ;
Plus j’imagine m’en détourner,
Plus je me sens maltraitée.
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?
Car quand je vois celui qui, depuis longtemps,
A recherché mon amour
— Sans que j’y consente aucunement –
Revenir vers moi
Pour me prier sans fin,
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?
Il me parle si doucement
De la manière dont il m’aime
Et de bien vouloir lui accorder mon amour
Qu’il requiert tant, et de lui pardonner
D’oser me le demander,
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?
Amour, veuillez décider
De mon attitude, car à la fin
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?
Que je ne sais de quel côté me tourner :
Amour m’assaille et m’enflamme ;
Plus j’imagine m’en détourner,
Plus je me sens maltraitée.
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?
Car quand je vois celui qui, depuis longtemps,
A recherché mon amour
— Sans que j’y consente aucunement –
Revenir vers moi
Pour me prier sans fin,
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?
Il me parle si doucement
De la manière dont il m’aime
Et de bien vouloir lui accorder mon amour
Qu’il requiert tant, et de lui pardonner
D’oser me le demander,
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?
Amour, veuillez décider
De mon attitude, car à la fin
Je ne sais quelle réponse tenir.
Eh ! Dieu ! Faudra-t-il consentir ?