Poèmes de ce thème
Soleil, lever et coucher de soleil
Alphonse de Lamartine
Hymne au soleil
Vous avez pris pitié de sa longue douleur !
Vous me rendez le jour, Dieu que l’amour implore !
Déjà mon front couvert d’une molle pâleur,
Des teintes de la vie à ses yeux se colore ;
Déjà dans tout mon être une douce chaleur
Circule avec mon sang, remonte dans mon cœur :
Je renais pour aimer encore !
Mais la nature aussi se réveille en ce jour !
Au doux soleil de mai nous la voyons renaître ;
Les oiseaux de Vénus autour de ma fenêtre
Du plus chéri des mois proclament le retour !
Guidez mes premiers pas dans nos vertes campagnes !
Conduis-moi, chère Élvire, et soutiens ton amant :
Je veux voir le soleil s’élever lentement,
Précipiter son char du haut de nos montagnes,
Jusqu’à l’heure où dans l’onde il ira s’engloutir,
Et cédera les airs au nocturne zéphyr !
Viens ! Que crains-tu pour moi ? Le ciel est sans nuage !
Ce plus beau de nos jours passera sans orage ;
Et c’est l’heure où déjà sur les gazons en fleurs
Dorment près des troupeaux les paisibles pasteurs !
Dieu ! que les airs sont doux ! Que la lumière est pure !
Tu règnes en vainqueur sur toute la nature,
Ô soleil ! et des cieux, où ton char est porté,
Tu lui verses la vie et la fécondité !
Le jour où, séparant la nuit de la lumière,
L’Éternel te lança dans ta vaste carrière,
L’univers tout entier te reconnut pour roi ;
Et l’homme, en t’adorant, s’inclina devant toi !
De ce jour, poursuivant ta carrière enflammée,
Tu décris sans repos ta route accoutumée ;
L’éclat de tes rayons ne s’est point affaibli,
Et sous la main des temps ton front n’a point pâli !
Quand la voix du matin vient réveiller l’aurore,
L’Indien, prosterné, te bénit et t’adore !
Et moi, quand le midi de ses feux bienfaisants
Ranime par degrés mes membres languissants,
Il me semble qu’un Dieu, dans tes rayons de flamme,
En échauffant mon sein, pénètre dans mon âme !
Et je sens de ses fers mon esprit détaché,
Comme si du Très-Haut le bras m’avait touché !
Mais ton sublime auteur défend-il de le croire ?
N’es-tu point, ô soleil ! un rayon de sa gloire ?
Quand tu vas mesurant l’immensité des cieux,
Ô soleil ! n’es-tu point un regard de ses yeux ?
Ah ! si j’ai quelquefois, aux jours de l’infortune,
Blasphémé du soleil la lumière importune ;
Si j’ai maudit les dons que j’ai reçus de toi,
Dieu, qui lis dans les cœurs, ô Dieu ! pardonne-moi !
Je n’avais pas goûté la volupté suprême
De revoir la nature auprès de ce que j’aime,
De sentir dans mon cœur, aux rayons d’un beau jour,
Redescendre à la fois et la vie et l’amour !
Insensé ! j’ignorais tout le prix de la vie !
Mais ce jour me l’apprend, et je te glorifie !
Vous me rendez le jour, Dieu que l’amour implore !
Déjà mon front couvert d’une molle pâleur,
Des teintes de la vie à ses yeux se colore ;
Déjà dans tout mon être une douce chaleur
Circule avec mon sang, remonte dans mon cœur :
Je renais pour aimer encore !
Mais la nature aussi se réveille en ce jour !
Au doux soleil de mai nous la voyons renaître ;
Les oiseaux de Vénus autour de ma fenêtre
Du plus chéri des mois proclament le retour !
Guidez mes premiers pas dans nos vertes campagnes !
Conduis-moi, chère Élvire, et soutiens ton amant :
Je veux voir le soleil s’élever lentement,
Précipiter son char du haut de nos montagnes,
Jusqu’à l’heure où dans l’onde il ira s’engloutir,
Et cédera les airs au nocturne zéphyr !
Viens ! Que crains-tu pour moi ? Le ciel est sans nuage !
Ce plus beau de nos jours passera sans orage ;
Et c’est l’heure où déjà sur les gazons en fleurs
Dorment près des troupeaux les paisibles pasteurs !
Dieu ! que les airs sont doux ! Que la lumière est pure !
Tu règnes en vainqueur sur toute la nature,
Ô soleil ! et des cieux, où ton char est porté,
Tu lui verses la vie et la fécondité !
Le jour où, séparant la nuit de la lumière,
L’Éternel te lança dans ta vaste carrière,
L’univers tout entier te reconnut pour roi ;
Et l’homme, en t’adorant, s’inclina devant toi !
De ce jour, poursuivant ta carrière enflammée,
Tu décris sans repos ta route accoutumée ;
L’éclat de tes rayons ne s’est point affaibli,
Et sous la main des temps ton front n’a point pâli !
Quand la voix du matin vient réveiller l’aurore,
L’Indien, prosterné, te bénit et t’adore !
Et moi, quand le midi de ses feux bienfaisants
Ranime par degrés mes membres languissants,
Il me semble qu’un Dieu, dans tes rayons de flamme,
En échauffant mon sein, pénètre dans mon âme !
Et je sens de ses fers mon esprit détaché,
Comme si du Très-Haut le bras m’avait touché !
Mais ton sublime auteur défend-il de le croire ?
N’es-tu point, ô soleil ! un rayon de sa gloire ?
Quand tu vas mesurant l’immensité des cieux,
Ô soleil ! n’es-tu point un regard de ses yeux ?
Ah ! si j’ai quelquefois, aux jours de l’infortune,
Blasphémé du soleil la lumière importune ;
Si j’ai maudit les dons que j’ai reçus de toi,
Dieu, qui lis dans les cœurs, ô Dieu ! pardonne-moi !
Je n’avais pas goûté la volupté suprême
De revoir la nature auprès de ce que j’aime,
De sentir dans mon cœur, aux rayons d’un beau jour,
Redescendre à la fois et la vie et l’amour !
Insensé ! j’ignorais tout le prix de la vie !
Mais ce jour me l’apprend, et je te glorifie !
Arthur Rimbaud
Aube
J’ai embrassé l’aube d’été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins: à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins: à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.
Charles Baudelaire
Le coucher du soleil romantique
Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
— Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve !
Je me souviens ! J’ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son œil comme un cœur qui palpite…
— Courons vers l’horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !…
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
— Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve !
Je me souviens ! J’ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son œil comme un cœur qui palpite…
— Courons vers l’horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !…
Jacques Peletier du Mans
L’alouette
Alors que la merveille aurore
Le bord de notre ciel colore
L’alouette, en ce même point,
De sa gentille voix honore
La faible lumière qui point.
Tant plus ce blanc matin éclaire
Plus d’elle la voix se fait claire ;
Et semble bien, qu’en s’efforçant,
D’un bruit vif elle veuille plaire
Au soleil qui se vient haussant.
Elle guindée de zéphire,
Sublime, en l’air vire et revire
Et déclique un joli cri
Qui rit, guérit et tire l’ire
Des esprits, mieux que je n’écris.
Soit que Junon son air essuie,
Ou bien qu’el’ se charge de pluie,
En haut pourtant elle se tient.
Et de gringoter ne s’ennuie,
Fors quand le neigeux hiver vient.
Même n’a point la gorge close
Pour avoir sa nichée éclose ;
Et en ses chants si fort se plaît
Que vous diriez que d’autre chose
Ses alouetteaux elle ne paît.
En plein midi, parmi le vide
Fait défaillir l’œil qui la guide,
Puis tantôt comme un peloton,
Subit en terre se dévide,
Et pour un temps plus ne l’oit-on.
Le bord de notre ciel colore
L’alouette, en ce même point,
De sa gentille voix honore
La faible lumière qui point.
Tant plus ce blanc matin éclaire
Plus d’elle la voix se fait claire ;
Et semble bien, qu’en s’efforçant,
D’un bruit vif elle veuille plaire
Au soleil qui se vient haussant.
Elle guindée de zéphire,
Sublime, en l’air vire et revire
Et déclique un joli cri
Qui rit, guérit et tire l’ire
Des esprits, mieux que je n’écris.
Soit que Junon son air essuie,
Ou bien qu’el’ se charge de pluie,
En haut pourtant elle se tient.
Et de gringoter ne s’ennuie,
Fors quand le neigeux hiver vient.
Même n’a point la gorge close
Pour avoir sa nichée éclose ;
Et en ses chants si fort se plaît
Que vous diriez que d’autre chose
Ses alouetteaux elle ne paît.
En plein midi, parmi le vide
Fait défaillir l’œil qui la guide,
Puis tantôt comme un peloton,
Subit en terre se dévide,
Et pour un temps plus ne l’oit-on.
Jean Cocteau
Batterie
Soleil, je t’adore comme les sauvages,
à plat ventre sur le rivage.
Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.
Fais-moi le corps tanné, salé;
fais ma grande douleur s’en aller.
Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.
Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.
Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.
Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.
L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à cété de lui.
Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.
Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué. ‘ . -
Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.
Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.
Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.
Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.
Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.
Que j’ai chaud! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.
Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil! ménagerie des mois.
Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.
Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.
Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.
Soleil, je supporte tes coups;
tes gros coups de poing sur mon cou.
C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.
à plat ventre sur le rivage.
Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.
Fais-moi le corps tanné, salé;
fais ma grande douleur s’en aller.
Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.
Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.
Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.
Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.
L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à cété de lui.
Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.
Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué. ‘ . -
Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.
Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.
Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.
Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.
Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.
Que j’ai chaud! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.
Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil! ménagerie des mois.
Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.
Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.
Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.
Soleil, je supporte tes coups;
tes gros coups de poing sur mon cou.
C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.
Jean Moréas
Livre VI, viii
L’insidieuse nuit m’a grisé trop longtemps!
Pensif à ma fenêtre,
O suave matin, je veille et je t’attends;
Hâte-toi de paraître.
Viens! au dedans de moi s’épandra ta clarté
En élément tranquille:
Ainsi l’eau te reçoit, ainsi l’obscurité
Des feuilles te distille.
O jour, ô frais rayons, immobilisez-vous,
Mirés dans mes yeux sombres,
Maintenant que mon coeur à chacun de ses coups
Se rapproche des ombres.
Pensif à ma fenêtre,
O suave matin, je veille et je t’attends;
Hâte-toi de paraître.
Viens! au dedans de moi s’épandra ta clarté
En élément tranquille:
Ainsi l’eau te reçoit, ainsi l’obscurité
Des feuilles te distille.
O jour, ô frais rayons, immobilisez-vous,
Mirés dans mes yeux sombres,
Maintenant que mon coeur à chacun de ses coups
Se rapproche des ombres.
José María de Heredia
Soleil couchant
Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.
A mes pieds, c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tail, l’homme est rentré sous le chaume qui fume;
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.
Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.
L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.
A mes pieds, c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tail, l’homme est rentré sous le chaume qui fume;
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.
Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.
L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.
Marc-Antoine Girard de Saint-Amant
Le soleil levant
Jeune déesse au teint vermeil,
Que l’Orient révère,
Aurore, fille du Soleil,
Qui nais devant ton père,
Viens soudain me rendre le jour,
Pour voir l’objet de mon amour.
Certes, la nuit a trop duré ;
Déjà les coqs t’appellent :
Remonte sur ton char doré,
Que les Heures attellent,
Et viens montrer à tous les yeux
De quel émail tu peins les cieux.
Mouille promptement les guérets
D’une fraîche rosée,
Afin que la soif de Cérès
En puisse être apaisée,
Et fais qu’on voie en cent façons
Pendre tes perles aux buissons.
Ha ! je te vois, douce clarté,
Tu sois la bien venue :
Je te vois, céleste beauté,
Paraître sur la nue,
Et ton étoile en arrivant
Blanchit les coteaux du levant.
Le silence et le morne roi
Des visions funèbres
Prennent la fuite devant toi
Avecque les ténèbres,
Et les hiboux qu’on oit gémir
S’en vont chercher place à dormir.
Mais, au contraire, les oiseaux
Qui charment les oreilles
Accordent au doux bruit des eaux
Leurs gorges non pareilles
Célébrant les divins appas
Du grand astre qui suit tes pas.
La Lune, qui le voit venir,
En est toute confuse ;
Sa lueur, prête à se ternir,
À nos yeux se refuse,
Et son visage, à cet abord,
Sent comme une espèce de mort.
Le chevreuil solitaire et doux,
Voyant sa clarté pure
Briller sur les feuilles des houx
Et dorer leur verdure,
Sans nulle crainte de veneur,
Tâche à lui faire quelque honneur.
Le cygne, joyeux de revoir
Sa renaissante flamme,
De qui tout semble recevoir
Chaque jour nouvelle âme,
Voudrait, pour chanter ce plaisir,
Que la Parque le vînt saisir…
L’abeille, pour boire des pleurs,
Sort de sa ruche aimée,
Et va sucer l’âme des fleurs
Dont la plaine est semée ;
Puis de cet aliment du ciel
Elle fait la cire et le miel.
Le gentil papillon la suit
D’une aile trémoussante,
Et, voyant le soleil qui luit,
Vole de plante en plante,
Pour les avertir que le jour
En ce climat est de retour.
Là, dans nos jardins embellis
De mainte rare chose,
Il porte de la part du lys
Un baiser à la rose,
Et semble, en messager discret,
Lui dire un amoureux secret.
Au même temps, il semble à voir
Qu’en éveillant ses charmes,
Cette belle lui fait savoir,
Le teint baigné de larmes,
Quel ennui la va consumant
D’être si loin de son amant.
Que l’Orient révère,
Aurore, fille du Soleil,
Qui nais devant ton père,
Viens soudain me rendre le jour,
Pour voir l’objet de mon amour.
Certes, la nuit a trop duré ;
Déjà les coqs t’appellent :
Remonte sur ton char doré,
Que les Heures attellent,
Et viens montrer à tous les yeux
De quel émail tu peins les cieux.
Mouille promptement les guérets
D’une fraîche rosée,
Afin que la soif de Cérès
En puisse être apaisée,
Et fais qu’on voie en cent façons
Pendre tes perles aux buissons.
Ha ! je te vois, douce clarté,
Tu sois la bien venue :
Je te vois, céleste beauté,
Paraître sur la nue,
Et ton étoile en arrivant
Blanchit les coteaux du levant.
Le silence et le morne roi
Des visions funèbres
Prennent la fuite devant toi
Avecque les ténèbres,
Et les hiboux qu’on oit gémir
S’en vont chercher place à dormir.
Mais, au contraire, les oiseaux
Qui charment les oreilles
Accordent au doux bruit des eaux
Leurs gorges non pareilles
Célébrant les divins appas
Du grand astre qui suit tes pas.
La Lune, qui le voit venir,
En est toute confuse ;
Sa lueur, prête à se ternir,
À nos yeux se refuse,
Et son visage, à cet abord,
Sent comme une espèce de mort.
Le chevreuil solitaire et doux,
Voyant sa clarté pure
Briller sur les feuilles des houx
Et dorer leur verdure,
Sans nulle crainte de veneur,
Tâche à lui faire quelque honneur.
Le cygne, joyeux de revoir
Sa renaissante flamme,
De qui tout semble recevoir
Chaque jour nouvelle âme,
Voudrait, pour chanter ce plaisir,
Que la Parque le vînt saisir…
L’abeille, pour boire des pleurs,
Sort de sa ruche aimée,
Et va sucer l’âme des fleurs
Dont la plaine est semée ;
Puis de cet aliment du ciel
Elle fait la cire et le miel.
Le gentil papillon la suit
D’une aile trémoussante,
Et, voyant le soleil qui luit,
Vole de plante en plante,
Pour les avertir que le jour
En ce climat est de retour.
Là, dans nos jardins embellis
De mainte rare chose,
Il porte de la part du lys
Un baiser à la rose,
Et semble, en messager discret,
Lui dire un amoureux secret.
Au même temps, il semble à voir
Qu’en éveillant ses charmes,
Cette belle lui fait savoir,
Le teint baigné de larmes,
Quel ennui la va consumant
D’être si loin de son amant.
Maurice Scève
La blanche Aurore à peine finyssoit
La blanche Aurore à peine finyssoit
D’orner son chef d’or luisant, et de roses,
Quand mon Esprit, qui du tout perissoit
Au fons confus de tant diverses choses,
Revint à moy soubz les Custodes closes
Pour plus me rendre envers Mort invincible.
Mais toy, qui as (toy seule) le possible
De donner heur à ma fatalité,
Tu me seras la Myrrhe incorruptible
Contre les vers de ma mortalité.
D’orner son chef d’or luisant, et de roses,
Quand mon Esprit, qui du tout perissoit
Au fons confus de tant diverses choses,
Revint à moy soubz les Custodes closes
Pour plus me rendre envers Mort invincible.
Mais toy, qui as (toy seule) le possible
De donner heur à ma fatalité,
Tu me seras la Myrrhe incorruptible
Contre les vers de ma mortalité.
Maurice Scève
La saussaie
. . . . . .
Là je me lave et les mains et la face :
Puis me contemple en l’eau par quelque espace
Couché sus l’herbe. Et quand ma soif m’altère,
J’espuise à coup de leur eau fresche et clere
Dens ma main creuse, et en beuvant leur prie,
Que tout ainsi, qu’à eux, Amour me rye :
Ou que leur eau de leur amour coulpable
Puisse assoupir mon feu intolerable.
Et celà fait, je m’esbas par la plaine,
Ou çà, et là vagabond me pourmaine
Seul avec moy, qui de rien ne me chault.
Et à Mydi pour éviter le chauld
Tost je me renge en la verte Saulsaye,
Que pas à pas je mesure, et m’esgaye
A regarder par admiration
De mainte fleur naïve et proprelette.
Et les voyant si fort je me delecte,
Que mon plein sein une à une en amasse,
Puis je choisis quelque umbrageuse place
Près du rivage, et ce neantmoins seure
Pour me garder de la poignant’ morsure
D’aucune fiere, et oultrageuse beste.
Lors, je respans mes fleurs dessoubs ma teste,
En attendant qu’à dormir me convie
Le son de l’eau murmurant, comme pluye,
Qui lentement sur les arbres descend :
Ou comme autour de ces estangz on sent
Le vent souef parmi les cannes bruire.
Le soir venu je m’en revois desduire
Du long de l’eau par les preaux herbus,
Lors que les rayz du tresardant Phebus
Sont abaissez. Et sur la nuict paoureuse
Je me retire en la vallee umbreuse
Soubs quelque roc pendant et caverneux,
Qui point ne soit moiste, ny espineux,
Ou sur ces peaux estendu à l’envers
Je voy du Ciel les mouvements divers,
Et le discours de la Lune croissante
S’elle sera proufitable, ou nuisante,
Contemplant tout selon mon rude sens
Jusques à tant, que ravir je me sens
Par le sommeil en paisible séjour
Sans pensement jusqu’à l’aube du jour,
Qu’elle blanchit, et vers le Matin monte.
. . . . . .
Là je me lave et les mains et la face :
Puis me contemple en l’eau par quelque espace
Couché sus l’herbe. Et quand ma soif m’altère,
J’espuise à coup de leur eau fresche et clere
Dens ma main creuse, et en beuvant leur prie,
Que tout ainsi, qu’à eux, Amour me rye :
Ou que leur eau de leur amour coulpable
Puisse assoupir mon feu intolerable.
Et celà fait, je m’esbas par la plaine,
Ou çà, et là vagabond me pourmaine
Seul avec moy, qui de rien ne me chault.
Et à Mydi pour éviter le chauld
Tost je me renge en la verte Saulsaye,
Que pas à pas je mesure, et m’esgaye
A regarder par admiration
De mainte fleur naïve et proprelette.
Et les voyant si fort je me delecte,
Que mon plein sein une à une en amasse,
Puis je choisis quelque umbrageuse place
Près du rivage, et ce neantmoins seure
Pour me garder de la poignant’ morsure
D’aucune fiere, et oultrageuse beste.
Lors, je respans mes fleurs dessoubs ma teste,
En attendant qu’à dormir me convie
Le son de l’eau murmurant, comme pluye,
Qui lentement sur les arbres descend :
Ou comme autour de ces estangz on sent
Le vent souef parmi les cannes bruire.
Le soir venu je m’en revois desduire
Du long de l’eau par les preaux herbus,
Lors que les rayz du tresardant Phebus
Sont abaissez. Et sur la nuict paoureuse
Je me retire en la vallee umbreuse
Soubs quelque roc pendant et caverneux,
Qui point ne soit moiste, ny espineux,
Ou sur ces peaux estendu à l’envers
Je voy du Ciel les mouvements divers,
Et le discours de la Lune croissante
S’elle sera proufitable, ou nuisante,
Contemplant tout selon mon rude sens
Jusques à tant, que ravir je me sens
Par le sommeil en paisible séjour
Sans pensement jusqu’à l’aube du jour,
Qu’elle blanchit, et vers le Matin monte.
. . . . . .
Pétrus Borel
Hymne au soleil
Là dans ce sentier creux, promenoir solitaire
De mon clandestin mal,
Je viens tout souffreteux, et je me couche à terre
Comme un brute animal.
Je viens couver ma faim, la tête sur la pierre,
Appeler le sommeil.
Pour étancher un peu ma brûlante paupière ;
Je viens user mon écot de soleil !
Là-bas dans la cité, l’avarice sordide
Des chefs sur tout champart :
Au mouton-peuple on vend le soleil et le vide ;
J’ai payé, j’ai ma part !
Mais sur tous, tous égaux devant toi, soleil juste,
Tu verses tes rayons.
Qui ne sont pas plus doux au front d’un Sire auguste,
Qu’au sale front d’une gueuse en haillons.
De mon clandestin mal,
Je viens tout souffreteux, et je me couche à terre
Comme un brute animal.
Je viens couver ma faim, la tête sur la pierre,
Appeler le sommeil.
Pour étancher un peu ma brûlante paupière ;
Je viens user mon écot de soleil !
Là-bas dans la cité, l’avarice sordide
Des chefs sur tout champart :
Au mouton-peuple on vend le soleil et le vide ;
J’ai payé, j’ai ma part !
Mais sur tous, tous égaux devant toi, soleil juste,
Tu verses tes rayons.
Qui ne sont pas plus doux au front d’un Sire auguste,
Qu’au sale front d’une gueuse en haillons.
Pierre Reverdy
Sur la fin
Le disque qui incendiait le paysage vient de tomber sur une pique. Était-ce le soleil mort ou un cercle de fer ?
Les ailes du moulin le balançaient entre deux arbres où le feu d’artifice est éteint. Et l’horizon que j’avais pris pour un trait de fusain disparaissait.
Les ailes du moulin le balançaient entre deux arbres où le feu d’artifice est éteint. Et l’horizon que j’avais pris pour un trait de fusain disparaissait.
Pierre Jean Jouve
Peau sèche
C’était autour du Déluge
Mélanges de couleurs
D’eau à résoudre et de méchanceté ;
Beaucoup de soleil et de fureur providentielle
Beaucoup de lumière là-dessus
Enfin des rocs expirants de chaleur! enfin de l’ombre
Aussi sèche que la fièvre, enfin des vents!
Enfin la fente de la peau odorante au fond des canons
Rouges, quand elle se promène !
Qu’elle était belle
Assise sur sa cuisse pliée, ses puits étant noirs
Et jouant avec l’harmonica de sa bouche.
Mélanges de couleurs
D’eau à résoudre et de méchanceté ;
Beaucoup de soleil et de fureur providentielle
Beaucoup de lumière là-dessus
Enfin des rocs expirants de chaleur! enfin de l’ombre
Aussi sèche que la fièvre, enfin des vents!
Enfin la fente de la peau odorante au fond des canons
Rouges, quand elle se promène !
Qu’elle était belle
Assise sur sa cuisse pliée, ses puits étant noirs
Et jouant avec l’harmonica de sa bouche.
Saint-Pol-Roux
Alouettes
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Déjà le crêpe de mystère que jetèrent les fantômes du vêpre sur la chair fraîche de la vie, déjà le crêpe de ténèbres est entamé sur la campagne et sur la ville.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Ouïs-tu pas la cloche tendre du bon Dieu courtiser de son tisonnier de bruit les yeux, ces belles-de-jour, les yeux blottis dessous les cendres de la nuit?
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Surgis donc du somme où comme morts nous sommes, ô Mienne, et pavoise ta fenêtre avec les lis, la pêche et les framboises de ton être.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Viens-t’en sur la colline où les moulins nolisent leurs ailes de lin, viens-t’en sur la colline de laquelle on voit jaillir des houilles éternelles le diamant divin de la vaste alliance du ciel.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Du faîte emparfumé de thym, lavande, romarin, nous assisterons, moi la caresse, toi la fleur, à la claire et sombre fête des heures sur l’horloge où loge lc destin, et nous regarderons là-bas passer le sourire du monde avec son ombre longue de douleur.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Déjà le crêpe de mystère que jetèrent les fantômes du vêpre sur la chair fraîche de la vie, déjà le crêpe de ténèbres est entamé sur la campagne et sur la ville.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Ouïs-tu pas la cloche tendre du bon Dieu courtiser de son tisonnier de bruit les yeux, ces belles-de-jour, les yeux blottis dessous les cendres de la nuit?
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Surgis donc du somme où comme morts nous sommes, ô Mienne, et pavoise ta fenêtre avec les lis, la pêche et les framboises de ton être.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Viens-t’en sur la colline où les moulins nolisent leurs ailes de lin, viens-t’en sur la colline de laquelle on voit jaillir des houilles éternelles le diamant divin de la vaste alliance du ciel.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Du faîte emparfumé de thym, lavande, romarin, nous assisterons, moi la caresse, toi la fleur, à la claire et sombre fête des heures sur l’horloge où loge lc destin, et nous regarderons là-bas passer le sourire du monde avec son ombre longue de douleur.
Les coups de ciseaux gravissent l’air.
Théophile de Viau
Le matin
L’Aurore sur le front du jour
Sème l’azur, l’or et l’ivoire,
Et le Soleil, lassé de boire,
Commence son oblique tour.
Ses chevaux, au sortir de l’onde,
De flamme et de clarté couverts,
La bouche et les naseaux ouverts,
Ronflent la lumière du monde.
La Lune fuit devant nos yeux ;
La nuit a retiré ses voiles ;
Peu à peu le front des étoiles
S’unit à la couleur des Cieux.
Déjà la diligente avette
Boit la marjolaine et le thym,
Et revient riche du butin
Qu’elle a pris sur le mont Hymette…
Je vois les agneaux bondissants
Sur les blés qui ne font que naître ;
Cloris, chantant, les mène paître
Parmi ces coteaux verdissants.
Les oiseaux, d’un joyeux ramage,
En chantant semblent adorer
La lumière qui vient dorer
Leur cabinet et leur plumage.
La charrue écorche la plaine ;
Le bouvier, qui suit les sillons,
Presse de voix et d’aiguillons
Le couple de bœufs qui l’entraîne.
Alix apprête son fuseau ;
Sa mère, qui lui fait la tâche,
Presse le chanvre qu’elle attache
À sa quenouille de roseau.
Une confuse violence
Trouble le calme de la nuit,
Et la lumière, avec le bruit,
Dissipe l’ombre et le silence.
Alidor cherche à son réveil
L’ombre d’Iris qu’il a baisée,
Et pleure en son âme abusée
La fuite d’un si doux sommeil.
Les bêtes sont dans leur tanière,
Qui tremblent de voir le Soleil.
L’homme, remis par le sommeil,
Reprend son œuvre coutumière.
Cette chandelle semble morte,
Le jour la fait évanouir ;
Le Soleil vient nous éblouir :
Vois qu’il passe au travers la porte !
Il est jour : levons nous, Philis ;
Allons à notre jardinage,
Voir s’il est, comme ton visage,
Semé de roses et de lys.
Sème l’azur, l’or et l’ivoire,
Et le Soleil, lassé de boire,
Commence son oblique tour.
Ses chevaux, au sortir de l’onde,
De flamme et de clarté couverts,
La bouche et les naseaux ouverts,
Ronflent la lumière du monde.
La Lune fuit devant nos yeux ;
La nuit a retiré ses voiles ;
Peu à peu le front des étoiles
S’unit à la couleur des Cieux.
Déjà la diligente avette
Boit la marjolaine et le thym,
Et revient riche du butin
Qu’elle a pris sur le mont Hymette…
Je vois les agneaux bondissants
Sur les blés qui ne font que naître ;
Cloris, chantant, les mène paître
Parmi ces coteaux verdissants.
Les oiseaux, d’un joyeux ramage,
En chantant semblent adorer
La lumière qui vient dorer
Leur cabinet et leur plumage.
La charrue écorche la plaine ;
Le bouvier, qui suit les sillons,
Presse de voix et d’aiguillons
Le couple de bœufs qui l’entraîne.
Alix apprête son fuseau ;
Sa mère, qui lui fait la tâche,
Presse le chanvre qu’elle attache
À sa quenouille de roseau.
Une confuse violence
Trouble le calme de la nuit,
Et la lumière, avec le bruit,
Dissipe l’ombre et le silence.
Alidor cherche à son réveil
L’ombre d’Iris qu’il a baisée,
Et pleure en son âme abusée
La fuite d’un si doux sommeil.
Les bêtes sont dans leur tanière,
Qui tremblent de voir le Soleil.
L’homme, remis par le sommeil,
Reprend son œuvre coutumière.
Cette chandelle semble morte,
Le jour la fait évanouir ;
Le Soleil vient nous éblouir :
Vois qu’il passe au travers la porte !
Il est jour : levons nous, Philis ;
Allons à notre jardinage,
Voir s’il est, comme ton visage,
Semé de roses et de lys.
Vincent Voiture
La belle matineuse
Des portes du matin l’Amante de Céphale,
Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts
Ces traits d’or et d’azur qu’en naissant elle étale,
Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d’attraits divers,
Qu’il semblait qu’elle seule éclairait l’Univers
Et remplissait de feux la rive Orientale.
Le Soleil se hâtant pour la gloire des Cieux
Vint opposer sa flamme à l’éclat de ses yeux,
Et prit tous les rayons dont l’Olympe se dore.
L’Onde, la terre et l’air s’allumaient alentour :
Mais auprès de Philis on le prit pour l’Aurore,
Et l’on crut que Philis était l’astre du jour.
Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts
Ces traits d’or et d’azur qu’en naissant elle étale,
Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d’attraits divers,
Qu’il semblait qu’elle seule éclairait l’Univers
Et remplissait de feux la rive Orientale.
Le Soleil se hâtant pour la gloire des Cieux
Vint opposer sa flamme à l’éclat de ses yeux,
Et prit tous les rayons dont l’Olympe se dore.
L’Onde, la terre et l’air s’allumaient alentour :
Mais auprès de Philis on le prit pour l’Aurore,
Et l’on crut que Philis était l’astre du jour.